Si son talent s'est exprimé de façon flamboyante et provocante dans la chanson, Lucien Ginsburg vécut, dans une première vie, une passion dévorante pour la peinture, "son" Art majeur. Serge Gainsbourg, lui, nous a quittés le 2 mars 1991, il y a tout juste 30 ans. Deux noms pour une seule vie.

Lucien Ginsburg enfant (1934)
Lucien Ginsburg enfant (1934) © Getty / Apic Contributeur

Je voulais faire de la peinture comme en faisait Raphaël mais ça impliquait un mécène derrière moi, et je me suis toujours méfié de ce qu'il se passe derrière moi.

Lucien Ginsburg naît le 2 avril 1928 à Paris. Ses parents, Joseph Ginsburg et Brucha Goda, surnommée Olga, immigrés juifs russes, se sont installés dans la capitale quelques années avant sa naissance. Joseph est pianiste de bar et de cabaret et Olga chante au conservatoire russe. Ils vivent au 35 rue de la Chine dans le XX°. Le petit Lucien a une sœur aînée Jacqueline née en 1926 et une sœur jumelle Liliane. La famille Ginsburg devient française en juin 1932.

L'héritage paternel de l'Art majeur

Avant de devenir pianiste, son père Joseph peint. Mais il va abandonner la peinture sur un coup de tête. Alors qu'il fuit la révolution bolchévique à bord du Transsibérien, on lui dérobe sa toile préférée, le portrait de la femme qu'il aimait à l'époque. Ce jour-là, il jure de ne plus jamais reprendre un pinceau. Une promesse qui sera ensuite répétée par son fils Lucien...

Serge Gainsbourg racontait cette anecdote à François Jouffa dans l'émission Bande à part en 1970.

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Interview de Serge Gainsbourg par François Jouffa

Par France Inter / INA

En 1940, c'est pourtant Joseph qui inscrit le jeune Lucien, 13 ans, à l'Académie de Peinture de Montmartre, lors de sa rentrée en cinquième. Habillé de "sa bonne étoile jaune", Lucien découvre la peinture, son rêve d'enfant, et montre une habilité technique.

En compagnie de Thomas Sertilanges pour "L'Oreille en coin", balade dans son enfance (Paris 9ème) :

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Serge Gainsbourg retrouve l'endroit ou il a acheté sa première boite de couleur

Par France Inter / INA

À l'âge où l'on se cherche et déjà complexé, Lucien est d'une timidité extrême, presque maladive, il va la garder longtemps. Un jour, tandis qu'il apprend la peinture à l'Académie :

"Arrive cette fille. Je la fais entrer parce que j'avais déjà la galanterie dans le sang, j'avais lu Flaubert... Elle se fout à poil. Bordel. Pour moi, vierge, moi petit garçon, pour poser, elle se fout à poil. Putain. Alors-là, je peux dire, là, instinctivement, treize, quatorze ans, je me dis : "Il doit se passer quelque chose, avec une fille ; je ne sais pas ce que c'est... Parce que moi, je n'avais pas le droit de faire du nu - j'étais sur les plâtres, c'est-à-dire la Décadence romaine, les fusains... Je dessinais. Alors, je tournais le dos pudiquement à cette fille, mais elle m'a... bouleversé. Je trouvais ça absolument bouleversant, son strip-tease." (S. Gainsbourg - Extrait de Gainsbourg raconte sa mort : entretiens avec Bayon, éditions Grasset)

Ces premiers émois, il les racontait aussi à Thomas Sertillanges dans l'Oreille en coin en 1976, lors d'une balade sur les traces de son adolescence :

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Serge Gainsbourg : "Premières femmes nues"

Par France Inter / INA

Jugé doué par ses professeurs, le jeune étudiant passe son temps à peindre, notamment des natures mortes et des scènes de la vie quotidienne. Son esprit libre s'impose dès son plus jeune âge : il ne peint que ce qui lui plaît et fascine élèves et professeurs. Son père l'emmène à l'atelier, il a comme maîtres, Charles Camoin, Fernand Léger... 

D'aucuns me prédisaient une carrière brillante. Mais je n'y ai pas cru.

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Pèlerinage à l'Académie de peinture de Montmartre - "L'Oreille en coin" - 01.11.1976

Par France Inter / INA

Au début de l'été 1941, sous l'Occupation allemande, la famille se réfugie dans un petit village sarthois, à Courgenard près du Mans. Puis la famille voyage en France, au gré du travail que trouve Joseph, les métiers artistiques étant interdits aux Juifs. 

En septembre 1944, la famille Ginsburg rentre à Paris. Lucien déserte l'école et se réfugie dans l'imaginaire d'un monde moins hostile : il lit les romans de Daniel Defoe, dont Journal de l'année de la peste, et de Benjamin Constant, surtout Adolphe. Lucien décide d'arrêter ses études un mois avant son dix-septième anniversaire. Il ne fera pas sa terminale, il ne passera jamais son bac. 2 mars 1945, c'est la révolution chez les Ginsburg !

Naissance d'un premier amour

À 17 ans, il s'inscrit à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, et suit les cours de l'atelier libre d'architecture Gromort-Arretche pendant un an. L'enseignement est académique, technique. Lucien étudie les nus et va au Musée du Louvre. Bien qu'il abandonne son apprentissage en architecture, largué en maths et traumatisé par un bizutage stupide, la rigueur de cet art le marque pour le reste de sa vie. Il se dirige vers le dessin d'art, son premier amour, et donne même des cours de dessin. Le jeune Lucien Ginsburg se destine donc à la peinture.

Entretemps, la famille s'installe au 55 avenue Bugeaud, dans un bel appartement de Paris XVI°. Un jour, son père lui fait comprendre qu'il est temps de songer au jour où il devra être autonome. Côté peinture, ses profs lui prédisaient un avenir brillant, ils parlaient de sa forte personnalité. Mais comme son père savait "qu'on crevait souvent la dalle en essayant de vivre de sa peinture", il lui fait prendre des cours de guitare. C'est un gitan qui lui apprend. Influence Django Reinhardt.

Joseph trouve des petits boulots pour que son fils se fasse quelques sous. Il gratte sa guitare dans les bals, les dancings, les noces et les bar-mitzvahs. Les contacts se font Place Pigalle, au marché des musiciens :

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Le marché des musiciens Place Pigalle - "L'Oreille en coin" - 01.11.1976

Par France Inter - INA

À 18 ans, Lucien est un garçon rêveur, timide, dans un autre monde. Pas un poil de barbe, il pétune déjà comme un pompier... sans doute pour se vieillir. Avenue Bugeaud, ses parents lui offrent ce dont il a toujours rêvé : la chambre de bonne. Il aime la lumière des premiers rayons du soleil à travers le vasistas. C'est dans cette mansarde qu'il peint une grande quantité de toiles sans jamais être satisfait du résultat. 

Il aime Pierre Bonnard, l'éclat de la lumière et la couleur de ses toiles, une peinture sans tragédie, sans drame. Plus tard, il ne le citera jamais parmi ses peintres favoris mais inventera l'adjectif "bonnard", diminutif de bon, sur le modèle de "classieux", dans l'une de ses chansons. Lucien peint de petites natures mortes, subtiles, et dessine des nus, il est doué mais ne prend pas de risques. L'influence de Bonnard est évidente si l'on connaît l'une des plus jolies toiles signées Ginsbourg - avec un "o" - qui représente deux enfants sur une plage ("Ma soeur et moi jouant dans le sable", dixit Serge), la seule toile qu'il ait offerte... à Juliette Gréco, elle raconte :  

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Juliette Gréco au Pop Club de José Artur - 31.07.1987

Par France Inter / INA

Lucien suit les cours de peinture d'André Lhote et Fernand Léger, tous deux issus du cubisme. Il déteste Léger dont il ne suit même pas les corrections. Mais André Lhote, considéré aujourd'hui comme un petit maître cubiste, a une influence déterminante sur Lucien. Ses cours sont très théoriques, avec des visites aux musées. 

Lucien passe des journées entières au Louvre, surtout le dimanche parce que c'est gratuit, à s'initier devant les toiles des maîtres : La mort de Sardanapale d'Eugène Delacroix, L'homme au gant du Titien, La bataille de San Romano de Paolo Ucello, et Courbet qui le fascine.

Un peintre très influencé  

Tout au long de sa vie, Lucien parlera du Saint-Sébastien de Andrea Mantegna. Le visage du martyr, déterminé dans la souffrance, lui inspirera un idéal artistique à atteindre, mais aussi un regret devant son échec. 

"Il n'y a rien de plus beau que la femme. Ou alors si : il y a un corps sublime, sublime ! C'est le Saint-Sébastien. Le Saint-Sébastien de Mantegna est une sorte d'orgasme dans la souffrance. C'est trouble, il y a une approche un peu sexuelle... La sexualité rejoindrait le mysticisme - la Mystique..." (extrait de Gainsbourg raconte sa mort : entretiens avec Bayon, éd. Grasset)

Il admire Cézanne, Courbet, Dali et surtout Francis Bacon. Pour Ginsburg :

Francis Bacon est le dernier grand peintre de l'histoire de la peinture. Son zénith à elle. 

Il veut atteindre lui aussi cette perfection extrême sans y parvenir. Il en gardera toujours un complexe. Gainsbourg rêve de devenir un génie, il ne veut pas être juste un peintre talentueux.

Rencontre de sa première femme

En mars 1947 au cours de dessin, il rencontre Élisabeth Levitsky, fille d'aristocrates russes surnommée Lise. Elle est mannequin et également la secrétaire du poète surréaliste, Georges Hugnet. Un jour, elle parvient à récupérer les clés de l'appartement de Paul Éluard, qui le prêtait à Salvador Dali. Les deux amants passent quelques nuits dans cet appartement dont les murs sont ornés de tapisseries noires. D'ailleurs plus tard, les murs de son hôtel particulier du 5 bis rue de Verneuil seront ainsi, intégralement noirs. 

"Le salon était tapissé d'astrakan, je foulais à mes pieds des dessins de Miró, Ernst, Picasso ou Dali, des toiles non encadrées, la classe" (extrait de Voyeur de première de Franck Maubert, éditions La Table Ronde).

Gainsbourg chez lui, rue de Verneuil
Gainsbourg chez lui, rue de Verneuil © Getty

En septembre 1947, Lucien s'inscrit à l'École normale de musique de Paris, fondée par Alfred Cortot. Il suit les cours de solfège et d'harmonie pour améliorer sa technique. Aurait-il déjà pris la décision de devenir compositeur de chansons ? Cette inscription lui permet de reculer de quelques mois l'échéance du service militaire. En 1948, Lucien et Lise sont aussi inscrits à l'académie de la Grande Chaumière, une académie d'art privée.

En décembre, Élisabeth déménage pour le foyer d'artistes de la Schola Cantorum, elle gagne peu sa vie et il galère. "Je ne voulais pas vendre mes tableaux, j'étais un incorruptible en peinture" dit-il au micro de France Inter en 1976, on peut penser que ce n'est pas par fierté, mais par timidité. Le 15 novembre 1948, Lucien Ginsburg est appelé sous les drapeaux. Retour à la vie civile et à la peinture en novembre 1949.

La bohème

Le couple déménage à l'Hôtel Royer-Collard dans la chambre du couple Rimbaud-Verlaine avec pour voisins Léo Ferré et Madeleine. La dèche est permanente mais Lucien se nourrit de ses rencontres et de ses lectures, Jean-Paul Sartre qui a publié La Nausée et Les Mains Sales, les surréalistes, en particulier Péret et Breton, ainsi que les dadaïstes, Tzara bien sûr, mais surtout Francis Picabia dont il ne cessa jamais de relire le fameux Jésus-Christ Rastaquouère, auquel il empruntera la formule "Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve".

En poésie, Rimbaud et Apollinaire, alors que Simone de Beauvoir publie Le Deuxième Sexe et Aragon, Les Communistes. L‘Herbe rouge de Boris Vian n’a pas plus d’impact que L'Écume des jours (1946) et L’Automne à Pékin (1947). Il en bave, mais il est amoureux et il peint. Il vit sans doute, malgré les difficultés matérielles, l’une des périodes les plus heureuses de sa vie.

Il épouse Élisabeth Levitsky le 3 novembre 1951. C'est la vie de bohème avec l'espoir de percer dans le milieu de l'art. Le couple poursuit son rêve. Pour vivre, Lucien reprend le circuit des boîtes et des bals comme guitariste-pianiste d'ambiance. Il devient difficile de mener la vie de musicien et de peintre de front :

Un jour, au Touquet, j'étais pianiste de bar, un type me donne une pièce de un franc. Moi, avec toute mon arrogance, je me lève et lui dis : "Monsieur, je ne suis pas un Juke-Box !"

Au printemps 1954, Lucien suit des cours de composition et d'orchestration pour réussir son examen d'entrée à la SACEM, examen difficile en ce temps-là (Brassens l'a raté plusieurs fois), dans le but de toucher des droits d'auteur en tant qu'arrangeur ou peut-être auteur-compositeur. Le 1er juillet 1954, il est accepté comme auteur

Le premier bulletin de déclaration de Lucien Ginsburg est enregistré à la Sacem le 26 août 1954 pour les oeuvres : Les amours perdues, Ça ne vaut pas la peine d'en parler, Défense d'afficher, Fait divers, Promenade au bois et Les trois boléros.

Côté peinture, ses inspirations picturales sont variées et multiples. Il affectionne les post-impressionnistes. Selon certains de ses camarades de l'Académie, il manque d'originalité, trop emprisonné dans une volonté de faire aussi bien que les peintres qu'il admire.

Il gardera un joli coup de crayon. Certains de ses dessins à l'encre de Chine seront utilisés sur ses pochettes de disques, notamment Rock Around the Bunker (1975) et Amours des feintes (1990), "avec des pleins et des déliés. Comme dans la vie : il faut des pleins et des déliés".

"Peintre, j'aurais fait une œuvre..."

Pour vivre, Lucien commence à donner des concerts dans des soirées privées. Son talent le fait remarquer et il délaisse peu à peu la peinture pour le monde de la nuit, les cabarets rives gauche et droite, chez Madame Arthur ou le Club de la Forêt au Touquet.

Serge renonce à sa passion et à son rêve de devenir un artiste reconnu en 1958. Pétrifié par l'influence des grands maîtres et sa peur paralysante de l'échec, il veut atteindre LE niveau de perfection impossible. Il brûle toutes ses toiles, il a 30 ans. Il rompt avec Élisabeth Levitsky et tourne définitivement le dos à la peinture. L'abandon de cette passion marque le reste de sa vie et devient un motif de provocation.

"La peinture m'a marqué. J'avais trouvé un art majeur qui m'équilibrait, qui m'équilibrait intellectuellement. La chanson et la gloire m'ont déséquilibré. J'étais heureux avec la peinture...

J'ai tellement adoré la peinture, je m'en veux tant d'avoir eu la lâcheté d'abandonner... 

Pour Lucien Ginsburg, c'était 'être un génie, sinon rien du tout !'

Une voyelle supplémentaire, et le voilà chanteur !

Lucien Ginsburg est effacé... Il signait ses toiles : Ginsbourg. Une voyelle supplémentaire, et le voilà chanteur ! Il aurait choisi le pseudonyme de Gainsbourg en référence au peintre Thomas Gainsborough. Il abandonne son prénom parce que, selon lui, cela fait coiffeur pour dames. Serge, en revanche, ça sonne russe. Au moment où il francise son nom, il accentue ses origines slaves, curieux transfert. 

Selon le récit de Gainsbourg au tout début de son nouveau métier, gommant sans doute les années d'errance et de déception, tout s'est passé très vite entre le moment où il a vu Boris Vian sur scène, le fameux déclic, et celui où il a écrit et composé Le poinçonneur des Lilas.

Rencontre de Boris Vian, la révélation

"Un soir, au Milord (l'Arsouille), je vois Boris Vian. J'encaisse ce mec, blême sous les projos, balançant des textes ultra-agressifs devant un public sidéré. Ce soir-là, j'en ai pris plein la gueule. il avait sur scène une présence hallucinante, mais une présence maladive ; il était stressé, pernicieux, caustique. C'est en l'entendant que je me suis dit : 'Je peux faire quelque chose dans cet art mineur...'" (Serge Gainsbourg, vers 1955) 

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"L'existence abrégée de Boris Vian, mort à 39 ans d'une crise cardiaque à la première de J'irai cracher sur vos tombes, un très mauvais film inspiré de son excellent roman signé Vernon Sullivan, nous a fait oublier que Gainsbourg et Vian sont des quasi-contemporains. Sept ans seulement les séparent. Ils donnent le sentiment d'improviser leur vie et de passer d'art en art : musique, cinéma, peinture, littérature. Des âmes d'artiste.

Ils inventent quelque chose qui n'existait pas avant eux : une nouvelle manière d'être artiste. Boris Vian est comme Gainsbourg, il n'aime pas la chanson. Il en fait parce que ses livres ne marchent pas. Mais il est directeur artistique chez Philips et sait que la chanson vit une révolution de ses modes de diffusion, elle est en train de devenir l'art populaire par excellence" (extraits de Gainsbourg, Arnaud Viviant, éditions Hugo & Cie). 

Écoutez la balade de Serge Gainsbourg en 1976 à la Cité Véron avec Thomas Sertillanges pour L'Oreille en coin :

3 min

Serge Gainsbourg rencontre Boris Vian - La Chanson de Prévert

Par France Inter / INA

Pour l'auteur de L'Herbe rouge, Gainsbourg est un chanteur surréaliste, au même titre que lui, sinon plus. On sait que Vian adorait la chanson Friedland (1957) censuré par la RTF, où Gainsbourg narre les amours d'une jambe de bois avec un boulet de canon, lui qui venait d'écrire Le Déserteur, la plus grande des chansons antimilitaristes...

Ils n'ont pas eu vraiment le temps de se connaitre, juste celui de se reconnaître. Le 23 juin 1959, Gainsbourg perd donc un Maître, un critique et un admirateur. Il lui dédiera son premier film Je t'aime moi non plus (1976).

📖   LIRE - L'article de Boris Vian à propos des chansons de Gainsbourg, Le Canard enchaîné, 12 novembre 1958

Milord l'Arsouille, les premières chansons, Paris-Inter

Le 28 juin 1957, Gainsbourg déclare à la SACEM 4 titres d'un coup, qui révèlent un talent original : Mes petites odalisques, La jambe de bois (Friedland), Le poinçonneur des Lilas et La cigale et la fourmi. Les éditions musicales Tutti, son premier éditeur, lui proposent un contrat dès février 1958. 

🎧   Serge Gainsbourg au Milord l'Arsouille le 30 décembre 1957

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Gainsbourg compose pour Michèle Arnaud qui chante au Milord l'Arsouille, mais elle ne lui prend qu'une seule chanson : Mes petites odalisques. Francis Claude, le maître des lieux, veut que Serge chante Le Poinçonneur des Lilas à la radio (chanson de son 1er album Du Chant à la une ! sorti le 3 septembre 1958). Il présente Gainsbourg le 5 janvier 1958 dans l'émission de radio qu'il anime sur Paris-Inter comme un jeune talent qu'il est fier d'avoir découvert et qui est sociétaire de Milord l'Arsouille à part entière.

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Quelques semaines plus tôt, Francis Claude l'avait poussé sur la scène du Milord, mort de trac. Il rencontre Juliette Gréco qui, pour l'émission Soyez les bienvenus de Gérard Herzog et Marcel Dinyne, se transforme en intervieweuse, en juillet 1959 :

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Juliette Gréco interviewe Serge Gainsbourg

Par France Inter / INA

Artiste majeur pour un Art mineur

🎧   Portrait de Gainsbourg par son éditeur Gérard Davoust et Jean-Louis Foulquier qui l'a rencontré à la sortie de l'Histoire de Melody Nelson (1971) - Pollen, les Copains d'Abord sur France Inter - 24.08.2007

5 min

Portrait de Serge Gainsbourg par Gérard Davoust & Jean-Louis Foulquier

Par France Inter / INA

Le génie qu'il n'a pas eu dans la peinture, il l'a finalement dans la musique et la chanson. Le succès qu'il n'a pas eu dans "son" art majeur, il l'aura dans un art qu'il pense mineur, la chanson, pour laquelle le spectateur n'a pas besoin d'initiation. 

La peinture a aidé Gainsbourg à devenir cinéaste, des toiles de maîtres l'ont inspiré pour certains plans dans ses films, comme Ucello dans une scène d'Équateur. La musique classique l'a beaucoup inspiré dans ses compositions, ainsi que la poésie pour ses textes, c'est l'héritage de son éducation, de son père pianiste. Mais comme il le dit si bien : "Le succès et la gloire ne nous griserons jamais que les tempes...". No comment !

Aller plus loin

🎧   ÉCOUTEZ

📖   LIRE I 100 chansons censurées, d’Emmanuel Pierrat et Aurélie Sfez (Hoëbeke/Radio France)

📖  Références 

▶︎ ACTU 

Merci à l'INA et à Christelle Rousseau et Camille Vignaux pour leur aide précieuse.