L’écrivaine Delphine de Vigan a écrit le livre "Rien ne s’oppose à la nuit", un titre tiré des paroles de la chanson "Osez Joséphine " d’Alain Bashung, sortie il y a 30 ans. Elle explique, au micro de Frédéric Pommier, pourquoi cette chanson lui ressemble.

Delphine de Vigan au Festival de Cannes en 2017 et Alain Bashung en concert en 1990
Delphine de Vigan au Festival de Cannes en 2017 et Alain Bashung en concert en 1990 © Stephane Cardinale - Corbis/Getty et COLLECTION CHRISTOPHEL © PHOTOTH/AFP

Delphine de Vigan : "Cette chanson Osez Joséphine correspond à mon humeur la plus fréquente : énergique. Je suis quelqu’un d’assez joyeux, mais chez qui la mélancolie n'est jamais très loin. 

Extrait d'Osez Joséphine d'Alain Bashung : 

Des monarques et leurs figurines, juste une paire de demi-dieux livrée à eux, ils font des p’tits, ils font des envieux… 

"Demi-dieux" et "envieux", ça rime, c'est très beau, mais sait-on vraiment ce que signifie cette chanson ? 

Delphine de Vigan : "J'aime beaucoup que les textes d'Alain Bashung soient polysémiques. En particulier, tout ce qu'il a écrit avec Jean Fauque, un auteur que j'adore. 

Beaucoup des chansons de Bashung sont ainsi : on les aime, mais si on vous demande, mais de quoi cela parle, on n’en sait rien.

Osez Joséphine, est pour moi, c'est une sorte d'hymne à la liberté. 

J'ai beaucoup écouté cette chanson au moment où j'ai écrit ce roman, Rien ne s'oppose à la nuit. Je m’interrogeais sur les raisons qui m’avaient fait penser à elle. Pourquoi cette phrase "Rien ne s'oppose à la nuit" m'est venue assez vite, pour le titre ? Parce qu’elle est sublimement belle. Mais on ne sait pas très bien ce qu'elle veut dire. 

Je l’ai interprétée en disant que "rien ne s'oppose à la nuit" veut dire que rien ne s'oppose à quelqu'un qui a choisi de mourir. C'était mon prisme de lecture de la chanson à ce moment-là, alors que quelques années plus tôt, je ne l'entendais pas de cette manière. 

Dans Osez Joséphine, plein de phrases sont si belles, et on ne peut même pas dire pourquoi, tellement elles sont simples. "Que ne durent que les moments doux" : c'est sublime aussi !

Il y a une autre phrase que j'adore dans la chanson c'est "Soyez ma muse". C'est vraiment cela le talent de Jean Fauque et de Bashung, cette association qui fait des phrases qui sont comme des pierres précieuses qui  surgissent, et sont objets de toutes les interprétations possibles. 

Le clip, signé Jean-Baptiste Mondino : 

Le clip fait vraiment partie de l'énergie de cette chanson

"Cette espèce d'énergie est associée probablement à l'image du cheval dans le clip avec Bashung. Et puis cette femme sublime, brune, au centre d'une piste de cirque avec le cheval qui circule autour...

Je me  souviens que cette femme incarnait la femme que j'aurais voulu être : tellement rock, les seins nus sous un petit veston en cuir. Elle est très belle. Elle est dos à dos avec Bashung. Elle joue de la guitare électrique. Une image qui frappe l'imaginaire ! 

Osez Joséphine ! Pour moi, c'est vraiment ça aussi il y a un côté un peu minitel, ça me fait penser à ces prénoms qu'on avait sur les Minitel 36 15… Et peut-être que c'est pour cette connotation que pour moi, c'est une chanson de liberté."

Osez Joséphine :

À l'arrière des berlines
On devine
Des monarques et leurs figurines
Juste une paire de demi-dieux
Livrés à eux
Ils font des p'tits
Il font des envieux
À l'arrière des dauphines
Je suis le roi des scélérats
À qui sourit la vie
Marcher sur l'eau
Éviter les péages
Jamais souffrir
Juste faire hennir
Les chevaux du plaisir
Osez osez Joséphine
Osez osez Joséphine
Plus rien n's'oppose à la nuit
Rien ne justifie

Usez vos souliers
Usez l'usurier
Soyez ma muse
Et que ne durent que les moments doux
Durent que les moments doux
Et que ne doux
Osez osez Joséphine
Osez osez Joséphine
Plus rien n's'oppose à la nuit
Rien ne justifie
Osez osez
Osez osez
Osez osez Joséphine
Osez osez Joséphine
Plus rien n's'oppose à la nuit
Rien ne justifie

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