« Dix îles entre trois continents. Une langue maternelle qui embrasse des mots de toutes les langues. Un archipel sec : ni Cap ni Vert. Une nation où la musique traditionnelle jaillit des sonorités du violon, du piano, de la guitare à dix cordes, mais aussi des rythmes du tambour et de la vièle à une corde cimboa. Des styles de musiques divers comme le funana, le batuco, la morna et la coladera, mais aussi la mazurca, la contredanse, la valse et le samba. La littérature insulaire, pleine de sodade, de dialogue avec la mer et le ciel, est marquée par l’absence de la pluie, par l’imaginaire merveilleux des tropiques. Sa peinture est une narration arc-en-ciel. Une gastronomie riche de saveurs et de goûts qui ont suivi toutes les routes tracées par les hommes avant de se retrouver au Cap-Vert : sel, canne à sucre, piment, maïs, riz, poisson, café, vin, fromage, liqueur, rhum, une véritable compilation du raffiné qui existe dans toutes les langues. Tel est le Cap-Vert, pays qui est à l’origine de la créolisation du monde, territoire que l’on pourrait qualifier de maritime, avec ses 700 000 km2 de mer pour seulement 4033 km2 de terre ; une nation mondialisée et diasporique, les deux tiers du million et demi de Capverdiens étant éparpillés sur la planète, une population animée par la morabeza, dans laquelle s’expriment le sens de l’accueil et du partage, la parole souriante, l’amour de la différence, la joie de vivre l’éternité au jour le jour comme des noces de la Genèse et de l’Apocalypse. En résumé, le Cap-Vert est une culture où le presque rien est converti chaque jour en presque tout. Quand quelqu’un nous ouvre sa porte, c’est le bonheur qui entre. Quand quelqu’un frappe à notre porte, c’est la chance qui est bienvenue. Voilà ce que nous voulons vous montrer à la Maison des Cultures du Monde. Nous espérons ouvrir encore plus notre imaginaire et remplir l’imaginaire de tous ceux qui nous y rendrons visite. Nous y serons en pleine fêtes de la Saint Jean, le saint le plus fêté au Cap-Vert car cette célébration augure d’une bonne année agricole. Cela veut dire que notre avenir dépend de chaque visiteur venu faire la fête avec nous.

Mario Lucio SousaMinistre de la Culture du Cap-Vert

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