Severin
Severin ©

Parfois, un ami nous fait des confidences. Et, alors qu’il se confie et se raconte, on a l’impression qu’il parle à la deuxième personne du singulier. Le nouvel album de Séverin fait cette impression, entre confession personnelle et portrait d’une génération, entre exploration intime et chanson généreuse. Il explore les affres de la rupture, la force vitale qui fait s’en relever, les secrets de la transmission familiale, la douceur du couple, les pesanteurs de la comédie sociale.

Et l’aventure commence par une sorte de biguine consolatrice en apesanteur, Ça ira tu verras – une belle leçon de résilience au quotidien.

Après plusieurs albums au sein du duo One-Two puis en solo, Séverin s’éloigne de la pop légère et abstraite. Il confesse "avoir eu besoin d’un disque autocentré". Il passe par toutes les étapes : introspection, isolement à la campagne pour écrire, doutes, bouffées mélancoliques, brusques accélérations créatives...Le travail de composition s’étale sur trois ans. "Je voulais de l’humour et de l’autodérision, mais surtout que tout soit vrai."

Atmosphères sixties ou échappées lettrées, coups de fouets rock et rêveries bossa-nova… Au passage, Séverin partage une chanson farceuse et acide, Contrôle ta samba, avec Katerine, et le doux France-Brasil avec son épouse Kiwi da Gama. Il ne cache pas ses références, de Renaud et Alain Souchon pour l’écriture à la Samba Saravah de Pierre Barouh. Il a d’ailleurs emprunté un chemin comparable à celui de l’auteur de la bande originale d’Un homme et une femme : après des années de pop, son histoire d’amour avec une Brésilienne l’a conduit à découvrir un continent de musique, au tempérament à la fois très proche et très lointain pour un Français. "J’aime la manière très directe dont la musique brésilienne décrit des émotions très simples, très fortes – la joie, la tristesse, l’impatience, la nostalgie… C’est très différent de la pudeur française."

> POUR ALLER + LOIN Séverin sera l'invité d'André Manoukian vendredi 4 mars dans Partons en live Et en concert aux Etoiles, le 7 avril

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.