Vous cherchez un remède musical à la mélancolie ? Michel Hazanavicius vous conseillait "Family Affair" de Sly and the Family Stone chez Eva Bester.

Sly and the Family Stone - Plateau de ABC en 1973
Sly and the Family Stone - Plateau de ABC en 1973 © Getty / ABC Photo Archives

Dimanche 24 septembre, alors que la rentrée commence à s'éloigner de vos esprits et que vous entrez de plein pied en automne... ou au printemps pour nos amis de l'hémisphère sud, Michel Hazanavicius était dans un studio de France Inter et confiait au micro d'Eva Bester sa liste de remèdes, culturels, à la mélancolie. Dans cette liste, un titre est venu chatouiller mes oreilles. Un de ces titres dont on connaît le nom, la réputation, mais dont finalement on ne sait pas tout... Family Affair de Sly and the Family Stone. Et non pas celui de Mary J Blige, produit par Dr Dre en 2001... Si la seconde affole plus les compteurs YouTube que le premier, c'est bien à ce dernier que nous allons nous intéresser.

Mais pourquoi donc me direz-vous ? Parce que ce titre marque un virage dans l'histoire de la musique et reste un des plus influents pour la musique actuelle. Mais avant d'avancer plus loin, pourquoi Michel Hazanavicius a-t-il choisi ce titre ?

Cette chanson évoque mes 20 ans d’abord. On écoutait ça avec mes copains. Il y a chez lui cette joie de vivre pas du tout béate. Quelque chose d’hyper sensuel, d’hyper sexué. Il y a un truc qui vous réveille.

Voilà donc pour l'émotion. Pour l’histoire, Family Affair est aussi le dernier n°1 de ce groupe californien de soul et de funk. Un groupe où l'on peut être noir ou blanc, de la même famille ou de passage, un homme ou une femme. Dans une Amérique où ne pas choisir un camp, c'est un miracle et une bizarrerie pas forcément bien vue. Nous sommes en 1971. Malgré le flower power et les hippies qui diffusent un esprit de paix et de fraternité, Nixon est enferré dans la guerre du Vietnam. A New York, des Black Panthers sont acquittés et les prisons se révoltent...

La rumeur court que Sly aurait écrit ce titre en réponse aux groupes activistes noirs qui n'appréciaient pas sa sensibilité intégrationniste. Mais Sly, lui, semble être pris dans d'autres tourments. Pour ce cinquième album de Sly And The Family Stone, il compose et enregistre presque tout seul. Un paradoxe pour raconter une histoire de famille me direz-vous...

La technologie commence à permettre aux artistes de se débarrasser de certaines contraintes, comme d'avoir à enregistrer avec un groupe. Sur There's Riot Goin' On, la majorité des instruments sont donc enregistrés par un seul homme, avec une boîte à rythme. Le premier n°1 de l’histoire enregistré avec une boîte à rythme... mais pas le dernier. De fait, l'album entier se distingue du son produit à l'époque. Pour Family Affair, il s'adjoint néanmoins le doigté de Bobby Womack à la guitare et les vocalises de sa sœur Rose.

Le groupe se dissipera dans les vapeur de la drogue et des tensions de la vie de groupe après leur septième album, au milieu des années 70. Family Affair, lui, est entré dans l'histoire de la musique et est repris par des artistes comme Iggy Pop, Janet Jackson ou encore Madonna. De leur côté, de nombreux artistes se sont réclamés d'une filiation artistique avec l’œuvre de Sly and the Family Stone comme Miles Davis, Prince ou Michael Jackson. Bref, une histoire de famille.

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