Fats Domino a coupé le son à l'âge de 89 ans. Ce musicien a fait danser la jeunesse américaine et a influencé ses contemporains comme ceux qui ont suivi. Let's roll.

Fats Domino, 1970
Fats Domino, 1970 © Getty / David Redfern

En 2005, Fats Domino avait été laissé pour mort après le passage de l'ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans. C'était mal connaître ce monument de la musique américaine qui s'était réfugié dans son grenier, au 1208 Caffen Street. La légende ne dit pas s'il a siffloté Let's the four wind blow en attendant les secours. Ce mercredi 25 octobre 2017, Antoine Dominique Domino Junior alias Fats Domino n'a pas échappé à son destin. Mais s'il n'est plus, ses chansons, elles, vont rester.

Fats Domino est une référence dans le monde de la musique. Il a fait parti de ceux qui ont emmené la musique blues vers le rock avec les Buddy Holly, The Everly Brothers, Ray Charles et Elvis Presley. Deux de ses titres reviennent dans les hommages qui se succèdent depuis l'annonce de son décès : Ain't that a shame et Blueberry Hill, consacrées par Rolling Stone Magazine comme deux des 500 meilleures chansons de tous les temps, en 2003.  

Sur la colline de Blueberry

Tho' we're apart you're part of me still                        
For you were my thrill on Blueberry Hill

Ce titre reste à jamais incarné par la silhouette imposante, postée derrière son piano, de Fats Domino. Ce titre est une reprise, composé en 1940 et repris entre autre par Glenn Miller et son orchestre ou encore Louis Amstrong. Mais la chanson devra attendre 1956 et Domino pour devenir un standard du rock. Même si d'autres artistes comme Elvis Presley ou Little Richard l'ont chanté par la suite, c'est bien la sienne que l'on garde en tête. Surtout si, comme Richie Cunnigham, incarné par Ron Howard dans Happy days, on tombe amoureux à la sortie du ciné...

Son premier succès

Sa culture musicale, il la façonne sur les jukebox de la Nouvelle-Orléans et avec son beau-frère guitariste de jazz. Son adolescence, il l'a passe dans les clubs où il joue du piano. Il fait vibrer les foules avec cette chanson Swanee River Hop. Il est déjà présenté comme "Fats" Domino, et il s'apprête à faire danser l'Amérique entière.

Son premier enregistrement

Il est considéré, par les spécialistes, comme un des premiers enregistrements du rock'n'roll, et il s'est vendu à 1 million d'exemplaires entre 1949 et 1953. Une corne d'abondance pour Imperial Records, sa première maison de disque. Il y chante les femmes créoles de sa ville, et lui, le "fat man" qui les regarde à l'angle de Rampart et Canal Street, à la frontière du quartier français et du quartier des affaires essentiellement fréquenté par des blancs.

Ain't that a shame, bande son de l'Amérique des fifties

Il compose ce titre avec Dave Bartholomew en 1955 et l'Amérique il intègre à sa bande-son de au même titre que Blueberry Hill. Il se hisse rapidement en tête des hits parades américains.  Par la suite, le cinéma inscrira ce titre dans ses track lists comme American Graffiti de Georges Lucas, sorti en 1973.

La liste des artistes qu'il a influencé est aussi longue que sa discographie qui compte une cinquantaine d'albums, de 1955 à 2006. Les Beatles, les Stones, Elton John, Bruce Springsteen se sont à moment donné de leur carrière réclamés de l'héritage de Fats Domino. Et depuis ce soir les hommages se multiplient pour saluer le "Fat man" comme l'a fait Brian Wilson, leader des Beach Boys, qui avaient repris en leur temps les succès de Fats Domino.

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