23 ans après le premier Noël Mandingue, africolor s’ouvre sur une nouvelle partition de fait, celle du pays qui reste la seconde patrie du festival : le Mali. Cette partition politique sonne le glas de toute vie musicale au Nord de Bandiagara, car certains esprits étroits ont cru lire quelque part que la musique nous éloigne de la divinité.

Pour notre part, nous affirmons que les musiques de transe de Moriarty et Christine Salem, d’Erol Josué, d’Aziz Sahmaoui, de Groove Lélé ou de Koudédé, ainsi que les rencontres entre Ballaké Sissoko et Andy Emler ou celles de l’Oratorio Mandingue au sein duquel se côtoient Sequenza 9.3 et Mah Damba sont des moments extatiques qui nous rapprochent des Dieux. Qu’on ne pourra faire taire la nouvelle génération urbaine de l’Afrique, qui revendique sa place dans l’espace public, comme l’a magnifiquement montré le mouvement «yenamarre» au Sénégal ; celle d’Amkoullel, Baloji, Zé Jam ou Flamme Kapaya. Qu’aucun gouvernement ne saurait empêcher la circulation des musiques, quand bien même il freinerait celle des Touaregs, des griots et de toutes les bandes à pied de la terre.

Nous jouerons donc cette année la 24ème partition d’africolor, une partition à quatre mains, joyeuse et fabriquée artisanalement par une transmission «à l’africaine» : celle qui sait prendre le temps long des initiations et des rituels.

Philippe Conrath & Sébastien Lagrave

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