Questions à Sandrine Rabassa sur la programmation

Comment avez-vous bâti la programmation de la 23e édition de Arte Flamenco ?

Je me suis inspirée du « Puchero », sorte de pot au feu andalou à base de pois chiches, tocino fresco et tocino rancio (gras frais et gras rance). Pour ce plat typique, comme pour un festival de flamenco réussi, il faut de la fraîcheur, du neuf mais savamment dosés avec des ingrédients plus traditionnels. Dans un festival comme celui de Mont-de-Marsan , une partie du public attend du flamenco «classique » , une autre souhaite découvrir l’avant-garde de la scène flamenca . Parfois, les désirs se mélangent. Il reste ensuite à équilibrer chant, danse et musique afin que le festival comble les aficionados comme les amateurs non initiés.Le « liant », c’est la qualité et la sincérité de l’ensemble des propositions artistiques ; et comme en cuisine, le coeur que l’on met à préparer, créer, fait toute la différence. Il en est de même pour le festival, car la finalité est bien de faire plaisir !

Israel Galván vient pour la première fois à Mont-de-Marsan.

Israel Galván est devenu une figure incontournable de la danse moderne. Sa réputation dépasse le cercle des amateurs de flamenco. En ce sens, il est devenu une véritable référence. Nous ne voulions pas simplement programmer un de ses spectacles, mais lui donner un espace d’expression beaucoup plus large. C’est la raison pour laquelle, juste après avoir interprété La Edad de Oro, Israel Galván et les artistes qui l’accompagnent dialogueront en bord de scène avec le public . Je crois que cela ne s’est jamais fait. Par ailleurs, Israel animera la master class de danse dans le cadre de nos stages. Là encore, c’est totalement inédit.

Pour le final sur les berges de la Midouze, pourquoi avoir choisi d’inviter Agujetas ?

Si Israel Galván représente en quelque sorte l’avant-garde du flamenco, Agujetas est le gardien du temple. C’est un monstre sacré ducante jondo , le chant le plus pur, le plus émouvant. Ce rendez-vous, au bord de la rivière, sera un moment unique, magique. La rencontre de l’eau, du feu et de la terre. Il y a un signe qui ne trompe pas : beaucoup d’artistes à l’affiche du festival, et non des moindres, m’ont suppliée d’être programmés en fin de semaine pour entendre Agujetas chanter en plein air, seul, simplement accompagnépar un guitariste, sans palmas, ni cajón. Ils ne veulent pas rater ce moment.

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