"Si l’on me demande de définir le festival Arte Flamenco en quelques mots, le premier terme qui me vient à l’esprit est« Exigence » . Exigence d’un choix tout d’abord, celui du Conseil général des Landes qui est à l’origine et organise depuis 24 ans, en collaboration avec la ville de Mont-de-Marsan, le plus important festival flamenco hors d’Espagne. Exigence d’une programmation ensuite, ce lien qui sous-tend Arte Flamenco depuis sa création – un fil rouge, vif, jamais rompu. Exigence artistique enfin, de celle qui n’accepte pas de compromis ou d’approximation. Les plus grands artistes flamencos, mais également cinéastes, plasticiens sont et demeureront l’âme du festival. L’autre mot-clé est « Pulsation » car Arte Flamenco bat sans mesure dans le coeur des publics du festival et coule sans retenue dans les veines des artistes programmés, au rythme incandescent du flamenco. Mais finalement, le terme qui définit le mieux Arte Flamenco n’est-il pas LE flamenco ? Celui-là même qui se définit par l’indéfinissable, el Duende . Entre exigence et pulsation, je vous invite à en prendre la mesure lors de la 24e édition de Arte Flamenco." François BOIDRON, directeur général de Arte Flamenco Duende du sanscrit « divinité », état de grâce, frisson extatique communiqué par certains artistes qui possèdent le don.

Quelques artistes :

Ballet flamenco de Andalucia
Ballet flamenco de Andalucia © Miguel Ángel González

Metáfora par le Ballet Flamenco de Andalucía Le Ballet Flamenco de Andalucía est l’un des plus grands ballets de flamenco ; longtemps mené par Cristina Hoyos, il est aujourd’hui dirigé par le jeune danseur et chorégraphe sévillan issu de la danse contemporaine, Rubén Olmo. La troupe, composée de 18 artistes, a présenté la première de son spectacle Metáfora le 24 février dernier à Jerez. C’est ce même spectacle que nous avons la chance d’accueillircette année à Mont-de-Marsan. Pastora Galván et Rocío Molina sont spécialement invitées pour la prestation montoise. Espace François Mitterrand, lundi 2 juillet 21h.

La Niña de los Cupones : Née en Suisse en 1975 de parents andalous, La Niña de los Cupones revient à Séville à l’âge de 6 ans. Elle est alors frappée de surdité suite à un problème médical : elle est aujourd’hui totalement sourde de l’oreille droite et n’entend pas les sons inférieurs à 30 décibels de l’oreille gauche. À 6 ans, elle entre toutefois dans le monde du flamenco grâce à Paco Palocios. En 1990, elle débute sa formation professionnelle à l’école Matilde Coral et la termine en 1999. La Niña de los Cupones est désormais la première personne sourde en Espagne diplômée en danse au Conservatoire de Séville. La Niña de los Cupones éblouit par la force de son interprétation. Elle réussit à aller au-delà de son handicap pour donner à son art une dimension particulière qui lui permet de mieux sentir et de transmettre ses émotions. Café Cantante, Mardi 3 juillet 19h30.

Homenaje a los grandes par La Farruca : Née à Séville en 1963, Rosario Montoya Manzano « La Farruca » est la fille du légendaire Farruco. Elle n’a pu avoir de meilleur professeur, même si petite elle avait du mal à comprendre les exigences et la rigueur avec lesquels son père lui a transmis les secrets de l’art gitan. Elle avait 13 ans la première fois qu’elle est montée sur scène et c’est Camarón de la Isla qui l’accompagnait au chant lors d’un spectacle à Camas. La Farruca a joué le rôle principal dans des spectacles tels que Andalucía flamenca, Bodas de gloria ou Persecusión et a partagé la scène avec les plus grands artistes flamencos comme « El Guito », Manuela Carrasco, Angelita Vargas ou Antonio Canales.Café Cantante Mercredi 4 juillet 20h

La Farruca et la Macanitas
La Farruca et la Macanitas © Arte Flamenco

De Santiago à la Plazuela : Spectacle à la mémoire de Moraito Chico avec La macanita, Jesus Mendes, et Maria del Mar Moreno. La Macanita, c'est Tomasa Guerrero Carrasci "La Macanita" est considérée comme l'authentique successeur des vieilles chanteuses de Jerez. Elle se distingue dans les styles associés au compas. L'intensité de sa voix est extraordinaire : elle possède une gorge flamenca incomparable. De son timbre chaud et voilé. Jesus mendes : ceux qui l’ont entendu pour la première fois disent que le réveil de sa voix fut comme l’éruption d’un volcan, un cri tribal profond qui soulève l’âme. Beaucoup l’on désigné comme l’héritier de la Paquera. La danseuse Maria del Mar Moreneo est issue de l’école traditionnelle de Jérez. Artistes aux multiples facettes, elle présente la particularité d’être par ailleurs une universitaire réputée. Café Cantante, jeudi 5 juillet, 19h30 (deuxième partie).

Manuela Carrasco.jpg
Manuela Carrasco.jpg © Jean-Louis Duzert

Suspiro flamenco :Avec Suspiro flamenco, Manuela Carrasco nous offre le baile flamenco gitan dans sa forme la plus pure, la plus simple mais aussi la plus forte. Du haut de ses quarante ans de carrière, elle réaffirme sa volonté de vivre le baile sans concession. Seule sur scène, sans décor, sans artifice, seule avec le flamenco, seule avec la légende qui écrit ses pas, le compás qui rythme ses mouvements. Manuela Carrasco met en danse l’amour qu’elle éprouve pour son art.Café Cantante, vendredi 6 juillet, 19h30 (deuxième partie).

Familia de los Reyes :« Le flamenco est un art de tradition, qui est transmis dans de nombreuses familles, de père en fils [fille], comme quelque chose de naturel, quelque chose qui commence comme un jeu quand on est un enfant et qui, à mesure que le temps passe, devient vite indispensable.» Juan de los Reyes et ses deux filles, Lole (16 ans) et Saray (23 ans), nous racontent le baile gitan au travers de leur ressenti respectif – à chaque âge de la vie correspond une manière de s’approprier la danse – et nous font partager ce que le père a transmis de plus beau à ses filles, le flamenco dans toute sa tradition et sa pureté. Café Cantante Samedi 7 juillet, 19h30.

Mais aussi : des stages de baile, de guitare, de cante, de cajon... Des expositions dont une de photographies de grands formats de Prisca Briquet. Ses clichés en noir et blanc exposés dans le centre-ville de Mont-de-Marsan sont un amalgame de passions, l’intensité de fractions de secondes figées à tout jamais sur une image. Place Charles de Gaulle et Place du Général Leclerc.

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