Auvers Opus 31

En ouvrant les pages de sa quatrième décennie avec le grand pianiste Nelson Freire, le Festival d’Auvers-sur-Oise reste toujours attentif à l’exigence, l’audace et l’excellence dans les lignes qu’il s’est fixé : création, diffusion, formation déclinées à travers la voix, le piano et la musique de chambre de Bach à Richard Dubugnon qui devient ainsi le 10ème compositeur invité du Festival.

Suivent trois grands temps forts: le premier avec une master class de Gundula Janowitz et le second pour la recréation mondiale de l’oratorio « Saint-François d’Assise » de Charles Gounod, couplé au Psaume XIII de Franz Liszt que le Festival honore tout au long de sa programmation, en l'année de son bicentenaire. Sans oublier la sortie officielle du double CD « live » de la Maîtrise de Paris, dirigée par son chef Patrick Marco et portée par le Festival depuis toujours dans un esprit de résidence. Conscient de son identité de découvreur de talents, le Festival accorde une place importante, depuis son origine, aux artistes et ensembles prometteurs de la génération montante. Lors de cet Opus, ils se nomment Tristan Pfaff, Kotaro Fukuma, Lilit Grigoryan, Jean-Charles Gandrille, Veronika Eberlé, Lidija et Sanja Bizjak ou l’Ensemble vocal Aedes.

Eglise
Eglise © Festival d’Auvers-sur-Oise

Enfin, avant de refermer le livre avec la voix d’or de Philippe Jaroussky éclairée par son fidèle ensemble Artaserse, entrons dans les transversalités des dialogues que le Festival instaure chaque année grâce à l’exposition du plasticien Nicolas Kennett "Le champs, le corbeau, l'épouvantail " qui présente un hommage expressif au grand sculpteur Ossip Zadkine, que le village de Van Gogh fête pendant les mois ensoleillés.Pascal Escande Directeur fondateur

Van Gogh à Auvers-sur-Oise….70 jours, 70 toiles

Plus de soixante-dix peintures, parmi les plus révélatrices du caractère profondément mystique de Van Gogh auront été réalisées à Auvers-sur-Oise, entre mai et juillet 1890. Une période de travail acharnée, inspirée par l'énergie du désespoir. Car à 37 ans, « Monsieur Vincent » comme on l'appelle à l'auberge Ravoux, est convaincu d'être parvenu au terme d'une vie douloureuse. En mai 1890, l'artiste quitte Saint-Rémy-de-Provence et rejoint son frère Théo à Paris qui l'installe à Auvers-sur-Oise dans la modeste auberge Ravoux où il loue une petite chambre d'une grande sobriété, sous la surveillance du docteur Paul Gachet, ami de Paul Cézanne et des peintres impressionnistes, et lui-même peintre amateur. Dans une lettre à son frère Théo, Vincent décrit ainsi le village : « Ici on est loin assez de Paris pour que ce soit la vraie campagne, mais combien néanmoins changé depuis Daubigny. Mais non pas changé d'une façon déplaisante, il y a beaucoup de villas et habitations diverses modernes et bourgeoises très souriantes ensoleillées, et fleuries. Cela dans une campagne presque grasse, juste à ce moment-ci du développement d'une société nouvelle dans la vieille, n'a rien de désagréable ; il y a beaucoup de bien-être dans l'air. Un calme à la Puvis de Chavannes j'y vois ou y crois voir, pas d'usines, mais de la belle verdure en abondance et en bon ordre. Auvers, modeste commune rurale du Vexin français, située à trente kilomètres au nord de Paris, était déjà connue dans le milieu des peintres, initialement par les paysagistes de l'école de Barbizon puis par les impressionnistes. Le village cultive encore de nos jours le souvenir de ces peintres. À Auvers réside le docteur Paul Gachet. […..] Ramené mourant à l'auberge Ravoux, il meurt deux jours plus tard, soutenu par son frère Théo et toujours inconnu du grand public. « Mon travail à moi, j'y risque ma vie, et ma raison y a sombré à moitié… » lit-on dans la dernière lettre à destination de son frère que Vincent portait sur lui le 29 juillet fatal.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.