Pour sa 16ème édition, le festival invite le public à 3 mois de concerts, spectacles et rituels du monde dans plusieurs lieux :La Maison des Cultures du Monde, Musée du Louvre, musée du quai Branly, Institut du Monde Arabe.

Côté spectacles , en mars et en avril, embarquement pour la Corée avec le bongsan talchum, théâtre masqué et dansé haut en couleurs dont l'esprit satirique rappelera Molière. Puis escale au Vietnam avec le hat-cheo, opéra populaire plein d'humour et de saveur, et dans l'état indien du Karnataka avec les merveilleuses marionnettes yakshagana.En mai, la danse masquée des Qhapaq Negro emportera les spectateurs dans l'altiplano péruvien pour une représentation qui est à la fois célébration de la Vierge et hommage à la révolte d'esclaves noirs.En juin, le sankirtana, chants et tambours rituels de l'état indien du Manipur : une expérience fascinante.

Côté concerts , en avril l'excellent orchestre arabo-andalou de Fès présentera Al-Âla, la nûba classique (chant du vin, de l'amour et de la beauté) ainsi que les amdah, ôdes mystiques des Soufis du Maroc, dans le cadre exceptionnel de la Galerie Daru, au Musée du Louvre.De la Sicile, on découvrira l'antique chant des charretiers, poétique, viril et fier.De la Corée, le sinawi, musique hypnotique, d'origine chamanique, d'une stupéfiante contemporanéité.De l'Albanie, un panorama des musiques et chants du « pays des aigles » et une cérémonie soufie des Rifaï.Des Bahamas, le rake'n'scrape chaleureux et entraînant de Bohog and the Rooters et le gospel des Andros Jubilee Singers.Du Cap Vert, enfin, en clôture de ce 16ème Festival de l'Imaginaire, une soirée en musique... dont la programmation surprise vous sera dévoilée très vite !

Et d'autres représentations encore (la danse kathak avec la grande Vidha Lal, le malouf de Constantine avec Abbas Righi et l'ensemble Sabâ), mais aussi des conférences et des expositions pour explorer l'infinie richesse des cultures et des arts du monde d'aujourd'hui.

Quelques spectacles

Bongsan Talchum
Bongsan Talchum © Festival de l'imaginaire

Bongsan Talchum

Originaire de la petite ville de Bongsan au nord-ouest de la Corée du sud, le bongsan talchum est l’une des dernières formes encore vivantes de théâtre populaire masqué et dansé tel qu’il se pratiquait autrefois dans toute la péninsule coréenne.Le bongsan talchum mêle danse, musique, dialogues et scènes mimées.plein de vie et d’humour, il présente une suite de 7 saynètes satiriques jouées par des masques aux couleurs vives réalisés en papier mâché. La sagesse populaire coréenne y épingle les petits travers humains : aristocrates bernés par leurs valets, moines corrompus, vieillards séduits par de jeunes femmes.On pense ici bien-sûr à Molière : comme chez ce dernier, le bongsan permet de dénoncer les abus d’une société hiérarchisée grâce à des personnages caricaturés. En résulte un spectacle plein d’esprit, truculent, mais toujours empreint de finesse. Initialement joué en l’honneur de Bouddha, le bongsan est également exécuté pour chasser les mauvais esprits ; il est ainsi le reflet de la spiritualité coréenne traditionnelle, mélange de bouddhisme et chamanisme.[...]Un ensemble d’instruments coréens traditionnels accompagne le spectacle : deux hautbois p’iri, une flûte traversière chottae, une vièle à deux cordes haegum, un tambour sablier changgo, un tambour tonneau puk, et un petit gong kkwaenggwari.Spectacle en coréen surtitré en français.

Danse Kathak précédée d'un récital de musique Hindustani

Danse Kathak précédée d'un récital de musique Hindustani
Danse Kathak précédée d'un récital de musique Hindustani © Festival de l'imaginaire

Le kathak est l’une des six danses classiques indiennes et la plus réputée de l’inde du nord.Son origine remonte à d’anciennes traditions de conteurs/ danseurs qui se produisaient dans les cours des temples du Rajasthan pour narrer les épopées et les mythes, notamment ceux liés à l’adoration de Krishna.La technique du kathak est unique. elle se distingue par de brillantes variations de rythmes, par les ruptures brusques donnant un sens dramatique à la danse, par le travail des pieds, fort et subtil, contrastant avec la souplesse des bras et du buste.La danse pure, non narrative, renforcée par le jeu des grelots de chevilles, constitue le coeur du kathak.On trouve également des passages de danse narrative, plus douce, plus coulée, qui paraphrasent à travers des combinaisons de gestes et d’expressions du visage les épisodes de l’histoire de Krishna chantés par les musiciens.A la fois expressif et virtuose, le kathak dégage plus que toute autre danse indienne une énergie et une spontanéité saisissantes. Un art complexe et savant dont l’apparente simplicité, une certaine évidence dans l’expression, vont droit au coeur et aux sens du spectateur.A vingt neuf ans, Vidha Lal s’affirme comme la plus grande danseuse de kathak d’aujourd’hui.Formée au sein de la célèbre école de Jaipur, cette interprète exceptionnelle marie la grâce et la précision rythmique à une spontanéité touchante.Pandit Mukesh sharma, est un joueur de sarod dont l’excellente réputation dépasse largement les frontières indiennes. Il accompagnera Vidha Lal pour son récital de kathak, une danse qui, plus que toute autre en Inde, nécessite une complicité absolue entre la danseuse et ses musiciens.En préambule, il donnera un concert de musique hindustani, cette musique de cour du nord de l’Inde pétrie d’influences perses.

The Andros Jubilée singers et Bohog and the rooters

The Andros Jubilée Singers
The Andros Jubilée Singers © Festival de l'imaginaire

Au-delà du cliché (eaux limpides et plages de sable blanc), les Bahamas sont un archipel des Caraïbes majoritairement peuplé de descendants d’esclaves africains qui n’a acquis son indépendance de la Grande-Bretagne que dans les années 1970.Si elle a été très influencée par la musique des Etats-Unis et par les désirs peu curieux des touristes, la musique des Bahamas n’en possède pas moins quelques joyaux délicieux.Il y avait à l’origine les instruments de bric et de broc confectionnés par les esclaves pour le junkanoo. Aujourd’hui, il y a le rake’n’scrape (littéralement, «racler et gratter»), musique populaire et dansante qui elle aussi fait appel à ces instruments «détournés».C’est sur Cat Island, île tranquille ayant su préserver sa culture traditionnelle, que le rake’n’scrape est le plus vivant. Dans les bals, les ensembles rake’n’scrape donnent le tempo ; ils comprennent une scie de menuisier (grattée avec une lime), un tambour goombay fait à partir d’un vieux tonneau et un petit accordéon.Avec beaucoup de malice, un zeste de fierté et une pincée de désinvolture, Bohog and the rooters sont les élégants représentants de cette musique chaleureuse et entraînante, qui ne peut laisser le public indifférent.Autre île, autre musique ! A Andros, pas une église, pas un temple qui n’ait sa ou ses chorales et son band. Si l offices sont des moments de dévotion, ils sont aussi de véritables fêtes! Anthems et rhyming spirituals sont des chants proches des negro spirituals américains. D’inspiration biblique, ils évoquent les difficultés de la vie, le lien avec la mer et la pêche.Un groupe de rhyming peut comprendre un ou plusieurs ténors, un alto et une voix de basse, mais c’est le ténor, appelé aussi le rhymer, qui mène le chant. Les groupes peuvent aussi inclure des voix féminines.C’est le cas des Andros Jubilee singers, parmi les derniers de l’île à garder cette tradition vivante. En effet, elle s’était beaucoup développée avec la pêche à l’éponge et a quasiment disparu avec son déclin.Retraités, agriculteurs ou pasteurs, Wilfred, Thomas, Nathaniel et Madeleine Mckeys chantent toujours, notamment lors de l’office du dimanche au Temple. et leur passion est communicative.

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