À peu de choses près, jazz et cinéma ont le même âge. Et la même gourmandise à se réinventer tous les soirs ou presque. Les rencontres du jazz et du cinéma, il faut les aborder comme on entre dans un film. On y voyage avec des personnages, des flash-back historiques, des arrière-plans inexplorés, des élans amoureux, des loosers magnifiques, des trajectoires qui se croisent, des amertumes et des bonheurs.

De ces rencontres ininterrompues entre jazz et cinéma, jusque dans leurs prolongements les plus récents, deux évidences surgissent en filigrane. D'abord l'idée qu'il s'agit à chaque fois de rencontres d'auteurs . Et donc bel et bien d'une collaboration artistique forte.

Ensuite (et surtout) le constat que si de nombreux cinéastes allient passion et fascination pour le jazz, les jazzmen sont très souvent cinéphiles.

On s'est à plusieurs reprises intéressé à ce que le cinéma était aller puiser dans le jazz : un décor sonore, une dramaturgie, des personnages de légende… On a moins prêté attention au fait que toute une série de musiciens de jazz se nourrissent (aussi) abondamment de cinéma. Ce rapport intime, parce que constitutif de leur sensibilité, de leur personnalité artistique, est au coeur même de l’envie de monter un festival qui devienne un rendez-vous annuel. Hollywood ou Paris ? Pour la première édition, nous avons choisi d’amener la capitale du cinéma américain dans la capitale européenne du jazz.

Les rapports du cinéma et du jazz sont nés d'un malentendu. Le premier film "parlant", même si la chronologie en discute, s'intitulait le Chanteur de jazz. On y découvre Al Jolson, qui swingue comme un nécessaire à chaussures, s'enduire le visage au brou de noix…__

Depuis, le malentendu s’est dissipé parce que le jazz, comme le cinéma, se sont précisément dissipés !

Combien de bandes sons signées par des jazzmen en empathie avec la sensibilité du film, combien de films majeurs où le sens du jeu collectif éblouit ; combien de musiques soigneusement montées et de scènes opportunément improvisées ; combien de chorus scénarisés avec une logique implacable et d’images enchainées avec la dynamique d’un solo de batterie…

Pour accompagner les choix de programmation nés de ces intuitions, jazz live sur des films, films sur le jazz, jazz pour le cinéma, raretés exhumées comme monuments de référence, documents comme films pour les enfants, deux parrains qui en connaissent un rayon, deux amoureux fou du cinéma, du jazz et de Paris : Martin Scorsese et Quincy Jones.

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