Le chanteur et musicien américain Glen Campbell est décédé le 8 août 2017. Relativement peu connu en France, vous avez probablement déjà entendu ses chansons.

Glen Campell dans les studios de Capitol, juin 1967
Glen Campell dans les studios de Capitol, juin 1967 © Getty / Michael Ochs Archives

Voilà un musicien et un chanteur dont le succès n'a pas forcément franchi la frontière française, et qui pourtant a participé à l'écriture des plus belles pages de la musique des années 60 et 70. Depuis l'annonce de sa mort, les réactions pleuvent, d'Alice Cooper à Brian Wilson en passant par Dolly Parton et Lenny Kravitz.

Nos cousins d’Amérique connaissait Glen Campbell pour son show télévisé mais aussi ses chansons aux racines country. C'est par un ami passionné de musique, et accessoirement des Beach Boys, que j'ai découvert son existence. Il me parlait régulièrement du Wrecking Crew qui accompagnait les enregistrements de Phil Spector, de Brian Wilson, d'Elvis Presley ou encore de Frank Sinatra. Glen Campbell était guitariste dans cet équipage, non de démolisseurs, mais de relève que l'on trouvait dans les studios d'enregistrement. C'est d'ailleurs la guitare de Glen que vous pouvez entendre sur l'album Pet Sounds des Beach Boys, en 1966.

Glen Campbell n'a pas percé tout de suite en solo. Signé depuis 1962 chez Capitol, il va de groupe en groupe, accompagne d'autres artistes en concert ou en studio. Il se retrouve ainsi chanteur d'un groupe de studio, Sagittarius, sans être crédité, sur la reprise psychédélique, entre Beatles et Beach Boys,de My World Fell Down en 1967.

En 1969, la chanson qu'il interprète pour le film True Grit, et dans lequel il apparaît au côté de John Wayne, est primée. Son album Burning Bridge est un succès également. Enregistré en 1967, il comporte plusieurs tubes comme Gentle On My Mind et By The Time I Get To Phoenix, pour lesquels il est récompensé par quelques Grammy. Il y a aussi un monument de balade américaine, parfaite pour s'embrasser sur la banquette arrière de la voiture : Wichita Lineman.

Animateur de télévision, il reçoit dans son émission les Beatles, Johnny Cash ou encore The Monkees... mais il n'en oublie pas sa propre carrière musicale, et dans le milieu des années 70, il reprend le titre de Larry Weiss, Rhinestone Cow Boy, avec le Wrecking Crew. La chanson est un succès, et s'inscrit dans l'imaginaire américain au point de se faire entendre dans des séries comme Desperate Housewives ou encore dans des films.

1975, c'est aussi l'année où il propose au public une autre balade, Southern Night, qui sera également un numéro 1 aux États-Unis, mais seulement 30e en France et ce, deux ans après. Il faut croire que son gros ceinturon n'a pas su nous convaincre.

Il poursuit sa carrière et 2005 entre au Country Hall of Fame. Si on peut parler de véritable consécration pour le musicien, on ne peut nier qu'à partir des années 80, aucun de ses titres ne se hisse sur la plus haute marche du podium. Il fait des apparitions au cinéma pour Clint Eastwood et prête sa voix au film d'animation Rock-o-Ricko de Don Bluth en 1992. En France, le doublage est assuré par... Eddy Mitchell. Il continue de travailler avec la jeune génération comme Chris Isaak, reprend des titres des Foo Fighters ou Green Day sur son album Meet Glen Campbell (2005) à l'image de ce qu'avait fait son ami Johnny Cash. Atteint de la maladie d'Alzheimer, il réalise une dernière tournée intitulée The Good Bye Tour, en 2011. Son album Adios est sorti en juin 2017.

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