Glenn Gould de Sandrine Revel
Glenn Gould de Sandrine Revel © Radio France

Comment rendre en dessin la folie, fut-elle géniale, de Glenn Gould ? Sandrine Revel a trouvé une jolie voie, et signe une biographie réussie du célèbre pianiste.

Beaucoup de vie d’artistes sont désormais racontées en bulles, les éditeurs s’engouffrant avec plus ou moins de réussite dans la brèche ouverte par le Pablo de Clément Oubrerie et Julie Birmant en hommage à Picasso. Mais celle-ci sonne juste.

Le musicien canadien était fragile, hypocrondriaque, singulier, et maladivement solitaire. Cette BD donne des clefs pour comprendre sa mélancolie. Elle raconte sa chaise, assez basse, fabriquée par son père qu’il ne va jamais quitter alors qu’elle couine - cela s’entend sur certains enregistrements.

Mais aussi son piano fétiche, un Steinway 174, détruit par accident en 1957. Glenn Gould chantonnait quand il jouait, et pertubait certaines captations. Le livre n’oublie pas sa phobie de l’avion ou son besoin d’être toujours dans des pièces surchauffées.

Glenn Gould, né en 1932 à Toronto, donne ses premiers concerts dans les années 1950, avant d’arrêter de se produire en public en 1964 pour ne se consacrer qu’à son travail pour Radio-Canada. Il est l’une des premières personnalités à quitter volontairement la scène médiatique en pleine gloire. Avec un dessin subtil, une alternance habile dans le découpage, Sandrine Revel nous emmène avec finesse sur les pas du meilleur interprète des Variations goldberg de Bach. Pour mélomanes, mais pas seulement.

Glenn Gould, une vie à contretemps - Sandrine Revel - édité chez Dargaud

Sandrine Revel : "J'ai essayé d'être dans la fragilité, et de faire entendre la musique de Glenn Gould jouant Bach"

J'ai connu cet artiste lorsque j'avais 25 ans. J'ai d'abord beaucoup lu de biographies, et j'ai repéré les passages qui me touchaient. Quand j'ai proposé le projet, Glenn Gould ne ressemblait pas à ce qu'il est aujourd'hui dans l'album. Il était plus proche de la caricature. Je me suis détachée de ce dessin-là pour aller vers plus de réalisme [...] J'ai beaucoup travaillé sur les expressions. J'ai repris l'idée de travailler les contours des visages en rose, ce qui apporte une force et une fragilité au personnage.

J'ai aussi utilisé une tablette graphique pour travailler les montages et les couches. J'ai dessiné les cases qui évoquent le passé de façon différente de celles qui évoquent le présent.

Ce qui était compliqué, c'était de ne pas être dans la caricature.

J'ai essayé d'être dans la fragilité, et de faire entendre la musique de Glenn Gould jouant Bach

Sandrine Revel :

Glenn Gould travaillait ses morceaux de manière cérébrale, sans piano. Je l'imagine ici en train de mimer. La BD est un monde du silence, mais là j'invite le lecteur à entendre une musique...

Le commentaire de la page 8 ci-dessous par Sandrine Revel :

Glenn Gould de Sandrine Revel
Glenn Gould de Sandrine Revel © Dargaud / Sandrine Revel

Feuilletez quelques pages :

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Écoutez les Variations Golberg :

Le site de l'auteur

Sandrine Revel dédicace au Salon du Livre de Paris le samedi 21 mars de 16 à 18h.

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