Guy Béart est décédé ce jeudi à 85 ans. Pour l'évoquer, Laurent Goumarre invitait Philippe Meyer dans son Nouveau rendez-vous. Le producteur de “La Prochaine fois je vous le chanterai”connaissait bien le chansonnier ; il avait continué de diffuser dans son émission les titres de l’artiste même lorsque sa présence se faisait plus rare dans les médias… Il présente rapidement l'artiste ici et lui consacrera une émission spéciale ce samedi 19 septembre.

Une très étrange carrière

Guy Béard lors d'un concert au festival de Montpellier en 2005
Guy Béard lors d'un concert au festival de Montpellier en 2005 © MaxPPP

Je crois que parce que j’ai très peu de voix et que j’écris des mélodies simples sur des phrases qui sont un peu des slogans, les gens arrivent à chanter avec moi. Et par ce biais, je suis devenu grand public

Guy Béart est un auteur qui a écrit beaucoup de choses dont on se souviendra et qui a été interprété par beaucoup de gens qui n’étaient pas des moindre : Juliette Greco, Patachou, Zizi Jeanmaire... C’est un homme qui, lui-même, remplissait les salles. Comme il le dit les gens chantaient avec lui, beaucoup de gens connaissaient les paroles et pas seulement les paroles de l’Eau vive qu’on apprenait à l’école.

Et en même temps, raconte Philippe Meyer, "c’est quelqu’un dont on ne peut pas dire qu’il aura été aimé et notamment pas par ceux qui ont charge de faire connaître les artistes au public". Plusieurs raisons à cela. Philippe Meyer évoque "un caractère pas très commode". Mais cela n'explique pas tout. Il a aussi souffert d'un long cancer, à une époque où le cancer était encore plus lourd et plus lentement traité que les cancers aujourd’hui - ça l’a mis en dehors des circuits. Et surtout, il a souffert de la bêtise, et notamment ce que Phlippe Meyer appelle la “bêtise cléricale” : comme Guy Béart était un ami des Pompidou, il a été immédiatement catalogué comme "chanteur de droite" . Et ça, rappelle Philippe Meyer : "c’est comme manger du jambon chez l’ayatollah khomeini, ça n’existe pas".Autre raison à son retrait, ces dernières années, des médias : il a mené un combat courageux contre les maisons de disques . Le chansonnier avait commencé sa carrière dans les cabarets dans les années 1950, un artiste sans le sous comme ceux de La Bohème chantée par Aznavour. Aujourd’hui, précise Philippe Meyer, "quand on parle des bohêmes, ce sont des bourgeois qui n’ont pas de cravate et qui ont des 4x4 dans lesquels on peut mettre de l’éthanol. Mais les Bohêmes de cette époque-là, ce sont gens qui vraiment vivent, pas tout à fait de l’air du temps - mais pas loin. Quand on leur donne un cachet, propose d’enregistrer un disque, quand on leur monte un spectacle, ils sont tellement contents de pouvoir vivre de quelque chose qu’ils n'espéraient pas que ça les feraient vivre qu’ils disent “oui”. Puis un beau jour, le succès vient, ils se retournent, ils regardent les contrats et ils s’aperçoivent qu’ils sont pieds et poings liés avec des gens qui leur pompent absolument tout ce qu’ils peuvent leur pomper . Et Béart s’est révolté contre ça."

Une voix particulière

Le chansonnier avait une voix qui pouvait être assez difficile à supporter. Philippe Meyer témoigne : quand il le passait sur France Inter, des auditeurs le découvraient et ils trouvaient la chanson bien mais demandaient : “Vous n’avez pas ça par quelqu’un d’autre ? ”. Il explique : "Ça n’arrive presque jamais. Il y a dans sa voix quelque chose qui indispose certaines personnes, dans sa façon de dire les choses. C’est vrai aussi qu’il a quand même beaucoup chanté faux ; et avec les années ça ne s’arrangeait pas non plus".

Dans l'émission, Philippe Meyer évoque aussi la surprise de Brassens, qui avait été reçu par Guy Béard nu - mais avec des sandales dorées ! (Le chansonnier était réputé pour être un naturiste). Il évoque aussi quelques chansons selon lui incontournables :

Pour moi, La Chabraque est une des plus belles chansons de ce demi siècle des années 1950 à 2000

Philippe Meyer recommande également Poste restante :

Et aussi : Hôtel-Dieu . Une chanson sur sa mère, qui venait de mourir. La chanson de Guy Béard est chantée ici par Henri Tachan

Ecoutez l'intervention de Philippe Meyer dans son intégralité sur le plateau de Laurent Goumarre (avec notamment des reprises de Guy Béart chantées par le producteur de France Inter) :

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