Reprise attendue, Impressing the Czar , ballet fleuve pour plus de trente danseurs, est un pur chef-d’oeuvre mêlant créativité du mouvement et ironie mordante. Un ballet classique pour notre futur immédiat.

Impressing the Czar
Impressing the Czar © Richard Pik /

Première « rencontre » entre le directeur de la Forsythe Company et le Ballet Royal de Flandre , Impressing the Czar, originellement créé en 1988 par le Ballet de Francfort connaît une seconde vie grâce à Kathryn Bennetts, autrefois complice du chorégraphe qui le remonta en 2005 à Anvers. Dans ce précis de gestuelle, toutes sortes de danses sont passées en revue, des pas les plus académiques à des styles presque grotesques avec force costumes exotiques, historiques aussi et autres uniformes. On verra ainsi des hordes d’écolières – en fait les danseurs du Ballet Royal de Flandre – et même une fausse vente aux enchères.

Sans narration mais débordant de sens, Impressing the Czar déjoue les conventions et autres bonnes manières chorégraphiques. Mais il ne s’agit pas d’une reprise de plus qui a triomphé à New York, Londres ou Shanghai sans oublier Chaillot en 2009 : William Forsythe a suivi avec attention cette version. « J’ai vu tellement de compagnies danser formidablement une pièce de William les premiers temps et quelques semaines plus tard, je revenais et cela ne ressemblait plus à rien ; Forsythe ne dit jamais : c’est bon, la pièce est parfaite comme cela. Il revient toujours dessus, travaille à l’individuel. On oublie parfois que son talent ce n’est pas seulement d’inventer des pas mais également de former des danseurs » résumait alors Kathryn Bennetts. Porté par des solistes et un corps de ballet doués, cet Impressing the Czar traverse les années avec une élégance rare. On ne saurait se priver du plaisir de le (re)voir.Philippe Noisette

Impressing the Czar
Impressing the Czar © Johan Persson. /

Impressing the Czar, une oeuvre phare du chorégraphe américain William Forsythe

Pièce emblématique de William Forsythe, Impressing the Czar est à la fois un choc esthétique et un cours magistral d’histoire de la danse. Le chorégraphe s’y approprie pour les déconstruire ensuite toutes les formes de danses occidentales qu'il ne cesse de plier à ses obsessions de vitesse et de déséquilibre rattrapé. En trois actes, la pièce nous entraîne dans un vaste panorama, tout à la fois ironique et brillant, de la Renaissance à nos jours. Présenté ici par le Ballet Royal de Flandre, Impressing the Czar avait été créé en 1988 par le Ballet de Francfort et avait largement contribué à la renommée internationale du chorégraphe.Crée en 1988, ce ballet époustouflant a été joué pour la dernière fois en 1995 par le Ballet de Francfort. Grand favori du public, Impressing the Czar jouit d’une notoriété internationale. Proche collaboratrice de William Forsythe et maître de ballet, Kathryn Bennetts est à l’origine de la reprise d’Impressing the Czar par les danseurs du Ballet Royal de Flandre, qui donnent un souffle nouveau à cette production et sont les premiers à mettre cette pièce à l’affiche depuis la disparition du Ballet de Francfort en 2004.

Impressing the Czar
Impressing the Czar © Johan Persson /

Impressing the Czar est l’une des oeuvres phares de William Forsythe, un ballet en cinq parties, pour une ambitieuse et brillante leçon d’histoire de la danse. William Forsythe nous offre un persiflage enlevé et spirituel de la danse classique à la cour du Tsar, soit plus globalement d’un répertoire néo-classique que la plupart des théâtres «officiels» continuent d’idéaliser. Le résultat est un inventaire stupéfiant des nombreuses formes de danses différentes que le chorégraphe a pu s’approprier au cours de sa carrière.

La première partie, Potemkins Unterschrift (La Signature de Potemkine), aligne à toute allure, dans une submersion d’images, une foule de références aux conventions classiques, passant en revue l’histoire de l’art et du ballet, de la Renaissance à nos jours. Cet héritage culturel est mis à mal dans le troisième volet, La Maison de Mezzo-Prezzo, vente aux enchères des plus bouffonnes où les artistes-objets mis à prix sèment la panique d’une rébellion surréaliste.La danse épurée de la seconde partie, In the Middle, Somewhat Elevated, constitue véritablement, entre des tableaux exubérants et burlesques, le coeur de l’oeuvre. Crée à l’Opéra de Paris, c’est la pièce qui fit la renommée mondiale de William Forsythe.Dans Bongo-Bongo Nageela, William Forsythe présente un rapport d’écolière à l’humour féroce, une danse agressive et atavique interprétée par des danseurs et danseuses en uniformes d’écoliersanglais. Dans la dernière partie, Mr. Pnut goes to the Big Top, le « maître des plaisirs », Mr. Pnut, exécute un final explosif…

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