Le parlement israélien examine en ce moment un texte de loi qui prévoit de punir d'une amende les réseaux sociaux qui ne suppriment pas les messages incitant à la violence.

Gilad Erdan (ici en compagnie de Benyamin Netanyahu) est à l'origine du texte de loi visant les réseaux sociaux
Gilad Erdan (ici en compagnie de Benyamin Netanyahu) est à l'origine du texte de loi visant les réseaux sociaux © Maxppp / Gali Tibbon

Mark Zuckerberg « a sur les mains une partie du sang des victimes » des attentats anti-israéliens. Cette sortie très remarquée du ministre israélien de la sécurité intérieure, début juillet, illustre la position très dure qu’a adoptée le gouvernement de Benyamin Netanyahu contre le réseau social Facebook.

Ce dernier estime qu’en refusant de censurer les messages appelant les Palestiniens à commettre des actions violentes contre Israël et ses habitants, le géant américain cautionne le terrorisme. Il part du principe que les attaques palestiniennes, qui se sont multipliées depuis octobre 2015, sont le fait de « loups solitaires »,des individus n’appartenant à aucune structure organisée, qui communiquent via les réseaux sociaux.

Par ailleurs, au début du mois de juillet, Gilad Erdan a accusé Facebook de "saboter" le travail de la police en ne coopérant pas aux enquêtes sur des suspects potentiels en Cisjordanie occupée, et en "fixant des critères très élevés pour retirer les contenus et messages incitant à la violence".

Une amende de 70.000 euros pour chaque message non retiré

« Le gros problème est en Judée-Samarie, car Facebook ne reconnaît pas le contrôle d'Israël là-bas et n'est pas disposé à fournir des informations », avait ajouté le ministre en employant le terme biblique utilisé par Israël pour désigner la Cisjordanie.

Pour empêcher les terroristes potentiels de préparer leur action, le gouvernement israélien veut obliger, par la loi, les plateformes à censurer les messages pouvant être interprétés comme des incitations à la violence, ou à les retirer dans un délai de 48h. Un texte est en ce moment entre les mains de la Knesset, le parlement israélien. Il stipule qu’en cas de manquement à cette obligation, qui frapperait non seulement Facebook, mais également les autres sites comme Twitter, Google ou YouTube, la loi prévoit de leur infliger une amende de 70 000 euros par message. Le gouvernement espère ainsi qu’en tapant au portefeuille, les réseaux sociaux se montreront plus coopératifs.

Lorsque le ministre de la sécurité intérieure avait lancé sa charge virulente contre Facebook, le réseau social avait publié un communiqué pour répondre à ses propos : "Nous travaillons régulièrement avec les organismes de sécurité et les décideurs politiques à travers le monde, y compris en Israël, pour nous assurer que les utilisateurs connaissent la manière de faire un usage sûr de Facebook. Il n'y a pas de place pour les contenus qui prônent la violence, les menaces directes, les discours terroristes ou de haine sur notre plate-forme", avait-il expliqué.

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