Dans Foule Sentimentale, Didier Varrod réunit des artistes venus d'horizons différents. Générations et personnalités se croisent, se découvrent, se complètent, se retrouvent. Le tourbillon de la vie musicale. Ce vendredi, le rappeur Youssoupha a été "cueilli" par le billet portrait que Didier Varrod lui a consacré.

Youssoupha (ici en 2013) cueilli à froid par le portrait de Didier Varrod
Youssoupha (ici en 2013) cueilli à froid par le portrait de Didier Varrod © Maxppp / Frédéric Dugit

Portrait. Extraits 

Je m’appelle Youssoupha.
Je suis devenu populaire pourtant ma gueule est underground. J’ai revu des photos, des photos d’enfance, bien avant que j’arrive en France et me revient toujours le son du roi de la pop qui tournait dans mon walkman.

Je m’appelle Youssoupha
Le temps m’a rattrapé. Je suis trop vieux pour faire des clips dans un hall d’immeuble. (…) Il parait que le rap est la nouvelle variété ; moi j’ai toujours voulu faire du rap français décomplexé, avant que ce sujet ne devienne une marotte, je disais :

Je m’appelle Youssoupha,
Je suis le fils béni d’un héritage énorme. Je ne dissimule rien. Je ne fais pas le gangster, puisque notre génération a découvert le rap à travers… Benny B !
Je suis le fils béni d’un héritage énorme. Je ne dissimule rien. Je ne fais pas le gangster, puisque notre génération a découvert le rap à travers… Benny B !Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On dit « je m’appelle Youssoupha » ; l’ouverture d’esprit c’est pas forcément s’ouvrir le crâne. C’est peut être aussi sampler Balavoine.

Je m’appelle Youssoupha.
Dans notre culture les mots d'amour sont rares/J'ai appris à l'usure qu'ont avaient tort d'en être avare. J’ai toujours pensé que la musique était le meilleur moyen de dire je t’aime. Et pas forcément sur un beat lourd de rap us. Avec Bana Kin, on a fait un morceau qui s’appelle ‘Post scriptum’. Sur une guitare sèche : on m’a dit « Tu ne peux pas chanter sur un truc acoustique, ça fait variété !”.

Je m’appelle Youssoupha.
Je représente l’intense brailleur. Moi j’m’en bats de la France d’en bas. Je représente la France d’ailleurs. Et la négritude c’est un sujet qui fâche. Être black c’est un don pas un délit. C’est surtout depuis mes tous débuts ma fierté, ma cohérence et ça commençait par un don de Philo

Je m’appelais déjà Youssoupha et sur 4 mesures, j’écrivais ma légende. Séance de nuit à Chauve-Souris, un petit studio d’Ivry Sur Scène, ce soir-là je jouais ma vie. D’ailleurs aujourd’hui ça n’a pas vraiment changé. Même si forcément tu peux plus rapper pour les mômes à 40 piges. Sur mon album y’a pas de feat. Je suis en feat avec moi-même. Si j’avais fait du rock je serai Bruce Springsteen. Mais je rappe, et j’fais du rap à taille humaine. De 16 mesures je suis devenu parolier. C’est mieux qu’être muet.

Tu t’appelles Youssoupha, je te le dis même si on est différent, sur ma vie on se ressemble. A défaut de vivre on peut mourir ensemble.  

Réaction. Émotion

Le souffle un peu coupé par la surprise et l’émotion, Youssoupha laisse échapper : 

Comment tu sais tout ça ? C’est hyper déstabilisant, c’est hyper touchant. Ça donne même un peu le vertige. Parce que je ne regarde jamais en bas. J’ai l’impression que je suis dans un ascenseur, et je ne regarde pas ce que j’ai pu faire auparavant…

Découvrez la séquence dans son intégralité : 

10 min

Youssoupha : "Je ne regarde jamais en bas"

Par Foule Sentimentale

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