A l'occasion de la sortie de son nouvel album, Histoire de J., l'artiste offre une version 'live' pour un soir à Paris.

Pourquoi J. ? Ou plutôt : qui est J. ? C’est bien sûr son initiale, mais s’il manque cinq lettres pour identifier complètement Jeanne, c’est qu’il y a au centre de ce nouvel album une « héroïne ». Ni tout à fait elle, ni tout à fait quelqu’un d’autre. Façon autofiction.

J. est une amoureuse . Dès l’ouverture haletante de l’album, cette passionnée court, s’arrête essoufflée, puis repart ; elle court après celui qu’elle a tant espéré, ce « cheval de feu » qui a débarqué dans sa vie comme un petit miracle. Elle devient tour à tour : amazone, louve, lionne mais aussi petit animal pas si sûr de lui. Parce que voilà : l’amour nous plonge dans des états si contradictoires.

Jeanne Cherhal sait ce qui l’attend (et ce qu’elle veut) : composer entièrement les nouveaux morceaux au piano ; consacrer autant de temps qu’il le faut à cette première étape, comme si ces chansons-là se devaient d’abord de tenir toutes seules piano-voix. Puis les « habiller » bien sûr avec les trois musiciens du concert « Amoureuse ». Plutôt que de découvrir les morceaux pendant l’enregistrement, ils répèteront scrupuleusement avant même d’entrer en studio. Enfermés pendant dix jours dans le mythique studio ICP, à Bruxelles, ils joueront tous les quatre dans la même pièce, façon live. Le tout sera capté par Erwin Autrique sur bande analogique, à l’ancienne, afin de retrouver la chaleur, la proximité et le « souffle fantôme » de l’univers seventies dont elle rêve pour cet album. Elle confie les arrangements et la réalisation du disque à Sébastien Hoog qui tamise subtilement le rock puissant dont il est familier. On écoute Joni Mitchell et Carole King entre deux prises. L’écho de Véronique Sanson et de William Sheller plane au-dessus du piano dont Jeanne, telle une Fiona Apple qui se serait attardée dans la grange de Neil Young, attaque les graves avec une rondeur et une force nouvelles. Quelques cordes et cuivres plus tard, Jeanne invite les Françoises (groupe qu’elle avait formé il y a quelques années avec Emily Loizeau, Olivia Ruiz, Camille, Rosemary de Moriarty et La Grande Sophie) pour la touche malicieusement féministe de « Quand c'est non c'est non ». Le cinquième album est né. Et il s’appelle « Histoire de J. »

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