Elitaire pour tous. La célèbre formule du metteur en scène Antoine Vitez évoquant, après Vilar, son rêve d'une culture accessible correspond à cette volonté de René Martin de désacraliser la musique classique. Le pari du directeur artistique de la Folle journée de Nantes est gagné et il saute aux yeux quand vous entrez dans la cité des Congrés. Il y a seize ans, le directeur du festival de la Roque d'Anthéron de l'époque a voulu que ses enfants éprouvent autant le désir de rentrer dans une salle de concerts que d'aller voir U2 dans un stade. Il a alors imaginé une manifestation de 5 jours. De neuf heures quinze à minuit, une centaine de concerts dans une dizaine de salles plus ou moins vastes ou dans le hall d'entrée, sur un kiosque. De la musique classique partout, tout le temps, avec une politique tarifaire exceptionnelle, de 5 à 30 euros en moyenne le concert. Les artistes ont suivi, en acceptant un cachet moindre que dans un autre festival, ils ont accepté de descendre dans la salle par la même porte que les spectateurs, de sortir en même temps qu'eux pour leur parler. L'échange est le maître-mot de la Folle journée de Nantes. Vendredi 29 janvier, dans "Esprit critique", la pianiste Anne Queffelec, fidèle du festival, s'est mise au piano durant l'émission. Elle a joué Chopin deux minutes. Les parents, les enfants se sont approchés, intrigués. Ils ont applaudi l'artiste qui a entamé une conversation avec certains d'entre eux. Plus tard, ils sont sans doute allés la voir jouer avec d'autres pianistes, l'intégrale Chopin. Plus tard encore, ils auront envie d'aller voir d'autres concerts, d'écouter du classique. Nantes ou le rêve devenu réalité, une forme simple et belle de culture pour tous.

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chopin © Radio France
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