Le Printemps de Bourges comme si vous y étiez...

Samedi 28

Rock, Electro, Suite et Fin... 3/3

Rapture Bourges
Rapture Bourges © Radio France / culleron matthieu

Par tradition, le samedi au Printemps est consacré majoritairement aux musiques électroniques. Les amateurs sont nombreux et la salle du Phénix et le Palais d’Auron affichent complet pour cette « Rock and beat party » . Il faut dire que la programmation fait une place d’importance à ce que la nouvelle vague française propose de mieux.

Exemple avec Yuksek et son Live de plus en plus affuté. L’électronique française dans ce qu’elle a de plus organique et efficace.

Yuksek bourges
Yuksek bourges © Radio France / culleron matthieu

Mais c’est le trio danois Who made Who qui contribuera a faire monter la température de manière significative. Avec un nouvel album sous le bras, ils arrivent à retourner les festivaliers avec une aisance isolante.

Minuscule preuve de l’ambiance... impressionnant non ?

Retour au Phénix vers 23h pour l’arrivée sur scène de The Rapture . Les américains après un excellent dernier album proposent un set d’une richesse hors du commun. Leur Trésor : le nombre de tubes qu’ils enchainent pendant près de 40 minutes.

Rapture Nom Bourges
Rapture Nom Bourges © Radio France / culleron matthieu

Vu la puissance du groupe, on a du mal à se dire que The Rapture a bien failli disparaître à tout jamais à cause des dissensions au sein du groupe il y'a quelques années. Nouveau départ avec un concert qui commence par " In the grace of your love" . Du tube on vous dit !

Rapture scene
Rapture scene © Radio France / culleron matthieu

Le samedi au printemps de Bourges c’est également l’occasion de faire le bilan avec Daniel Colling, le patron du festival. Un bilan globalement PO SI TI F, même si la météo a eu un impact certain sur la fréquention : 90% cette année contre 100% l’année dernière.

Petite nouveauté cette année, le festival a constitué un jury pour remettreson Prix Découvertes Printemps de Bourges. Un Jury présidé cette année par Nosfell ( 2ème en partant de la droite ) .

Bourges jury
Bourges jury © Radio France / culleron matthieu

Le prix cette année est attribué au groupe de rock Von Pariah . L’autre prix Coup de cœur du jury a été décerné à Christine and the Queens ,une jeune chanteuse particulièrement courtisée par les maisons de disque en ce moment .Ici au micro d’Isabelle Pasquier de la rédaction de France Inter.

Bourges christine
Bourges christine © Radio France / culleron matthieu

Une soirée qui se termine tard dans la nuit avec entre autres Birdy Nam Nam , Erol Alkan et le français Don Rimini avec son tout nouveau live . Il nous propose ici cette photo posée totalement naturelle.

Don Rimini
Don Rimini © Radio France / culleron matthieu

Pour résumé, ce Printemps aura sans doute un peu subi la météo, mais aura fait une grand place aux découvertes de qualités.

Parmi les grands moments du festival on retiendra un très bel hommage à Lhassa par ses filles et Arthur H, un Dominique A flamboyant , et la folie réjouissante du chanteur de Kindness :

Bourges : pari mouillé mais pari gagné .

Vendredi 27

LA REVELATION KINDNESS 2/3

Tout commence par l’arrivée de François Hollande dans les allées du festival. Le public n’est pas encore là quand le candidat se fait offrir un t-shirt du groupe Zebda en pleine répétition. Ça tombe bien leur dernier album s’intitule « Second Tour » et la date pour la reformation du groupe toulousain n’est pas totalement étrangère au calendrier électoral.

Bourges Zebda
Bourges Zebda © Radio France / culleron matthieu

Vers 20h sous la tente aux couleurs reggae le public a répondu présent. La chanson « Tomber la chemise » se transforme vite en « Tomber le poncho » pour raison de météo mais cela n’a aucune influence sur l’ambiance visiblement. Autre inconvénient, les dreadlocks ont du mal à sécher de façon optimale.

Une soirée qui se termine par le blues touareg délicat de Tinariwen .

Bourges Vinyls
Bourges Vinyls © Radio France / culleron matthieu

Dans l’après midi petit tour du coté de l’exposition imaginée par Marc Maret , Directeur de la discothèque de Radio France . Le principe est simple et efficace : retracer cinq éditions de Printemps de Bourges entre deux tours de présidentielle à travers des pochettes de vinyles. On y découvre quelques pépites. Ici l’année 1981.

Bourges vinyls bis
Bourges vinyls bis © Radio France / culleron matthieu

A noter l’affiche 1988 du Printemps orientée très "présidentielle". Sur le perron de l’Elysée, les têtes d’affiche de l’époque. Si vous ne reconnaissez pas le chanteur entre Aznavour et Jean louis Auber il s’agit de Johnny Clegg en costume.

La journée est aussi marquée par les découvertes. Programmés en début d’après midi, les groupes sélectionnés dans plusieurs tremplins sont tous en passe de signer dans des gros labels. Repérés depuis quelques mois , ils confirment tous leurs talents. Les bretons de Juveniles ( dont le batteur s’est cassé le poignet ), l’auvergnat Garciaphone, les bordelais de Botibol en passant par la très grosse prestation d’Hyphen Hyphen avec leurs peintures de guerre

Bourges Kindness
Bourges Kindness © Radio France / Culleron matthieu

Mais LA révélation de la soirée est venu d’Angleterre. Kindness était sur la scène du 22 Ouest. On attendait beaucoup d’Adam, chanteur et tête pensante du groupe. Grand chevelu dégingandé, il ressemble étrangement à un mélange parfait entre Bobby Gillespie (Primal Scream ) et Alain Baschung.

Avec son look d’ado fan de grunge il propose une musique soul / funk / électro indéfinissable mais terriblement moderne et positive. De l’énergie à l’état brut. Décalé et brillant c’est une graine de star au charisme évident. Sautillant sur scène il descend dans le public pose pour les photographes

kindness Bourges
kindness Bourges © Radio France / Culleron Matthieu

Le chanteur de Kindness entame des chorégraphies venues de l’espace et vole les téléphones portables des spectateurs pour se filmer lui-même. Notre téléphone en a fait les frais.

Juste à coté le groupe Citizens prépare le terrain avant l’arrivée sur scène de Django Django.

Bourges Remy
Bourges Remy © Radio France / culleron Matthieu

La soirée se termine au Magic Mirror avec aux platines le prince de la musique afro cubaine Monsieur Rémy Kolpa kopoul.

Jeudi 26 avril 1/3

Public Bourges
Public Bourges © Radio France / Culleron matthieu

Au palmarès de la phrase berrichonne le : « Ah ouais !!! Tu les as vu ? et alors c’est comment ? » arrive cette année juste avant le « On peut pas faire un truc pour la pluie là ?!! » ( pour les curieux la troisième phrase la plus usitée est : « Pour le pot de la Région tu peux y aller maintenant le videur ne regarde pas les pass »). Tout ça pour dire que le Printemps de Bourges est LE rendez-vous incontournable des professionnels de la musique . Les carrières des artistes en devenir se décident ici entre deux chipsters et un verre de Chablis.

Dans le train qui nous mène au Printemps on entend déjà les mots : « marketing », « «signatures », « licence » et « tour support » . Au départ ça fait un peu peur ensuite on s’habitue. Pas étonnant donc que les artistes « découvertes » prennent ici une dimension particulière. Laurent Saulnier, le programmateur des Francos et du festival de Jazz de Montréal nous oblige, quasi sous la menace, d’aller assister au mini concert de Monogrenade . Il faut dire qu’en à peine deux ans d’existence ces Québecois ont réussi à se faire une place de choix dans la profusion de bons groupes qui voient le jour de l’autre coté de l’Atlantique. Au carré d’Auron dans une atmosphère dissipée leur pop délicate fait forte impression. Leur premier album est sorti cette semaine en France. C’est un bon investissement.

monogrenade
monogrenade © Radio France / culleron matthieu

Dans les rues des animations parfois étranges , comme cet homme orchestre déguisé en girafe. Une mauvaise langue dit à son collègue en passant : « ah ben , voilà , tu vois ça de nos jours c’est un label de disque ! » .C’est la crise .

homme girafe
homme girafe © Radio France / matthieu culleron

Découverte toujours, avec Botibol venus faire un acoustique dans les studios du Mouv’ . Ces Bordelais sont issus d’un collectif qui est entrain de rafler bon nombre de prix découvertes. Avec Petit Fantôme et Crâne angels ils constituent à eux seuls un vivier inépuisable d’artistes. Influences anglo saxonnes irréprochables, il faudra compter sur eux pour les années qui viennent. C’est une certitude.

Botibol
Botibol © Radio France / Culleron matthieu

La soirée Hip Hop au palais d’Auron était l’événement du soir. Après Guizmo et Youssoupha c’est l’explosion 1995 (Conseil : il faut prononcer tous les chiffres au risque de passer pour un ancêtre auprès des moins de 25 ans).

1995
1995 © Radio France / 1995 Bourges

Leur Maxi « La suite » a fait son petit effet . Le public jeune connaît toutes les paroles par cœur. Des vrais fans .

1995 public
1995 public © Radio France / culleron matthieu

Une attitude tout en réserve en conservant une puissance indéniable, qualités rares pour des artistes aussi jeunes. A des kilomètres des clichés du Rap, les parisiens imposent avec sobriété leur hommage au Hip Hop des années 90 et ça marche . A voir ce live plus rien de pourra arrêter ces proches d’Orelsan.

1995 groupe
1995 groupe © Radio France / culleron matthieu

A quelques mètres de là, la tente Phénix est presque inatteignable. Il faut jouer des coudes pour tenter d’apercevoir Arthur H. Le frère d’Izia ( ou le fils de son père , c’est au choix ) est visiblement très en forme. « ça va les Bourges ? » demande t-il au public un brin compressé avant de proposer que Marine Le Pen devienne Ministre de la Culture. Les morceaux s’enchainent avec une grande sensualité et feraient presque oublier le gigantisme des lieux . Derrière son piano , debout , Arthur H propose un show cohérent ,méli-mélo de chansons intimes flirtant parfois avec le rock progressif. Les connaisseurs remarquent que Laurent Bardainne du groupe Poni Hoax et Limousine l’accompagne aux claviers.

Arthur H Bourges
Arthur H Bourges © Radio France / culleron matthieu

Arthur H laisse sa place encore chaude à Selah Sue qui fera un parcours sans faute et sans surprise. Des fans qui reprennent « Raggamuffin » en chœur . Le tube de la chanteuse belge au top de sa popularité.

C’est finalement Charlie Winston qui ferme la marche . Une prestation réglée au millimètre pour le plus français des anglais . C’est en France que l’homme au chapeau s’est fait connaître et aujourd’hui il récolte. Et là tout le monde vous dira que la récolte de « Hourras » , « bravos » et de « t’es super mignons » fût bonne ce soir là . Limite gênant.

Bourges Magic mirror
Bourges Magic mirror © Radio France / culleron matthieu

Charlie Winston qui termine comme tout le monde vers minuit au fameux Magic Mirror . Le lieu officiel de perdition qui ,avec l’hygrométrie sent un peut le chien mouillé mais peu importe. L’ambiance de vestiaire de piscine fonctionne à merveille. L’after du festival est ambiancé par des djettes à la sélection tubesque et la fête prend enfin le pas sur le coté business. Ouf, nous voilà rassurés !

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