L’heure du bilan a sonné, semble t-il. 1992-2012 : Kery James porte un regard sur son parcours et son oeuvre, tout en les célébrant. Vingt années d’une carrière riche , trois événements pour la retracer. Unalbum , un film documentaire , 'les 4 visages de Kery James', et un spectacle . Une fois encore, Kery James revient là où on ne l’attend pas. D’autres se seraient contentés d’un best of… pas lui.La pierre angulaire qui rapproche l’album, le documentaire et le spectacle est l’écriture. Kery James est un rappeur, il ne l’a jamais nié. Mais pas de ceux qui se fabriquent sur des bons mots, des gimmicks faciles et des poses. L’écriture a toujours constitué son moteur, comme on le voit dans le documentaire. Elle apparaît indéniablement au centre de ce nouvel album. Il la portera et la défendra comme jamais lors de son nouveau spectacle.

Dans une formation acoustique , Kery James revisite, sur la scène du Théâtre des Bouffes du Nord, les titres les plus poignants de son répertoire. Durant quinze soirées, à 19 heures pile, il présente des titres différents. Les musiciens mettront en valeur une plume et une voix dont le talent, la charge émotionnelle et la pertinence du propos se hissent bien au-delà du rap. C’est un véritable auteur, doublé d’un puissant interprète portant une voix issue du « ghetto français », qui sera magnifié par l’impressionnant décor des Bouffes du Nord. Doté d’un indéniable charisme, vivant véritablement ses textes, Kery James sait habiter une scène. Nul doute que dans un lieu intime de cinq cents places assises, le mot « présence » prendra tout son sens.Le concert de Kery James sera suivi à 21 h de la pièce musicale mise en scène par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, The Suit.

Présentation de l'artiste dans le journal de 7h30 du 27 mars 2012

L'album 92.2012

Pochette de l'album 92.2012
Pochette de l'album 92.2012 © radio-france

Il est composé de douze titres minutieusement choisis dans le répertoire de Kery James. Les textes les plus marquants et la relation particulière que son public a liée avec ses mots sont à l’honneur… « Un nuage de fumée », « Deux issues », « 28 décembre 77 », « En feu de détresse », « Avec le coeur et la raison », un medley de « J’ai mal au coeur » / « Au pays des Droits de l’homme » et d’autres ont été ré-orchestrés et ré-interprétés par Kery James et ses musiciens, dans une formation acoustique.Aymeric Westrich, du groupe Aufgang, et Bachar Khalifé, fils du compositeur libanais Marcel Khalifé, ont ciselé les instrumentations. S Petit Nico a joué des claviers sur quelques titres. Leur richesse et leur subtilité côtoient la pureté du vibraphone, la variété des percussions et la profondeur des chants redéfinissent l’espace sonore. Le tout est à la fois soutenu et dépouillé, sombre et habité, organique, tribal et expérimental. La voix de Kery résonne d’une incroyable présence, redonnant corps au texte, imprimant avec force la musique de son interprétation. Il a invité Davy Sicard, chanteur et musicien à la voix pénétrante, inspirée du maloya, le blues des esclaves réunionnais. Un titre inédit s’ajoute à cette sélection. « Lettre à la République » est un double constat glaçant : celui d’un régime politique pourtant voué à l’excellence, multipliant les entorses profondes et celui pour, Kery James, d’incarner les peurs et les fantasmes du moment, en tant que noir, banlieusard et musulman. C’est une montée en puissance, tant dans les mots cinglants, l’intensité de la voix que l’orchestration écrasante et jusqu’au-boutiste.

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