La Grande Sophie
La Grande Sophie © Rod Maurice

On dit que 7 ans est l'âge de raison, pour La Grande Sophie, ce 7e album est celui d'un aboutissement et de la maturité. Nos Histoires a beaucoup de classe, accompagné d'un piano affirmé, de guitare volontairement rock.

L'artiste continue de se défier des codes, de vouloir rester ouverte à toutes les influences. Toutes les chansons sont habitées, incarnées. Même quand il s'agit de sa colère, de ses doutes, de la ville d'Hanoï, La Grande Sophie s'adresse à eux comme à quelqu'un.

Beaucoup de personnages, aimés, perdus , fantasmés, traversent ses textes.

Les rencontres c’est le plus important dans ma vie, ça laisse des traces, des bulles d’air et des souvenirs. Mes chansons sont le carbone de ce que j’ai vécu

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Rencontre avec la Grande Sophie

"Hanoï" : histoire d'une chanson

J’ai eu envie d’écrire Nos Histoires tout de suite après la précédente tournée qui s’est terminée à Hanoi. Là-bas rien ne s’est passé comme prévu. On s’est retrouvé dans un moment historique car le général Japp venait de mourir. On a annulé un concert et on s’est laissé porter dans la ville. J'y ai fait du tourisme avec deux traductrices qui m'ont guidée, et j’ai "respiré" la ville alors qu' au début je pensais que jamais je n’arriverai à la traverser. Bien sûr j'ai parcouru la baie d'Along mais ensuite il y a eu un typhon et mon programme a été bouleversé. Tout cela a laissé des traces et j’ai gardé une correspondance avec quelqu'un sur place.

Maria Yudina

> Maria Yudina, c’est une autre rencontre. Je l’ai découverte par hasard un soir alors que j'essayais en vain d'écrire une chanson. Ça ne marchait pas du tout et en même temps j'entendais qu'un voisin écoutait une musique très fort . Il m'a dit que c'était Maria Yudina. J’ai cherché qui était cette femme. Elle était opposante au régime de Staline et la musique était toute sa vie. Un soir Staline écoutait la radio alors qu'elle jouait le concerto n°23 de Mozart, et il a été tellement ému qu'il a appellé la radio pour réclamer l’enregistrement. Or comme il n'y avait pas eu de captation il a fallu réveiller Maria pour qu'elle rejoue le concerto. Ensuite Staline a voulu verser une énorme somme d’argent à Maria Yudina. Elle a refusé mais elle l' a donné à l’Eglise en souaitant que Dieu allège les péchés de Staline contre le peuple russe. Elle a été préservée du goulag semble-t-il car Staline appréciait sa musique ; elle provoquait chez lui une émotion intense, et on dit qu’à la mort de Staline on aurait retrouvé à ses cotés le disque de ce fameux concerto numéro 23 de Mozart.

La Grande Sophie sera en tournée Meaux, Massy, etc.., et sera au Trianon le 26 novembre à Paris.

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