Le chanteur et saxophoniste camerounais Manu Dibango est mort ce mardi, a annoncé sa famille, des suites du Covid-19. Il avait 86 ans.

Manu Dibango, ici en concert en 2018 à Abidjan
Manu Dibango, ici en concert en 2018 à Abidjan © AFP / Sia Kambou

Il restera dans les mémoires "Papy Groove", connu pour avoir évolué autant dans le milieu du jazz que de la pop et de la variété : Manu Dibango est mort, ce mardi, à l'âge de 86 ans, des suites du Covid-19. C'est sa famille qui l'a annoncé sur sa page Facebook officielle : "Chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans, des suites du Covid-19".

Emmanuel N'Djoké Dibango est né en 1933 à Douala, au Cameroun, où il a commencé à apprendre le chant dans une chorale et à s'initier à la musique française, américaine et cubaine, qu'il découvrait dans des disques. Arrivé en France en 1949, pour poursuivre ses études après le certificat d'études, il apprend la mandoline, puis le piano, et enfin le saxophone. 

Légende de l'afro-jazz

Au contact d'autres musiciens, rencontrés notamment en Belgique, ses influences jazz se sont mélangées aux sons africains. Ainsi, les disques qu'il enregistre dans le premier orchestre où il est engagé se vendent très bien en Afrique et l'emmènent en tournée en Afrique : au Cameroun, il ouvre plusieurs clubs de jazz, mais doit revenir en France en 1965 pendant la guerre civile camerounaise. 

C'est en 1967 que Manu Dibango prend les rênes de son premier big band, qui se produit sur des plateaux d'émissions de variété, où il rencontre des artistes comme Dick Rivers ou Nino Ferrer, qui l'engage comme chef d'orchestre. En parallèle, il signe de nouveaux succès en Europe, avec l'album Saxy Party en 1969, mais surtout avec le titre "Soul Makossa" qui lui permet de partir en tournée aux États-Unis.

Samplé par Michael Jackson

Ce titre a valu à Manu Dibango la plus grande controverse de sa carrière : le titre est "samplé" par Michael Jackson, sans autorisation préalable, dans le titre "Wanna be starting something". En 1986, les deux artistes arrivent à un accord financier. C'était sans compter sur la sortie, en 2007, d'un remix de la chanson - sur lequel Manu Dibango n'est toujours pas crédité - et surtout d'un autre tube, "Don't stop the music", de Rihanna, qui sample à son tour le titre de Michael Jackson, et donc celui de Manu Dibango. Piégé par l'accord financier réglé à la fin des années 80, l'artiste n'a rien obtenu et a été débouté de toutes ses plaintes. 

En 1992, il supervise l'album à succès "Wakafrika", compilation de succès africains enregistrés avec d'autres artistes du continent, tous pays confondus. 

Légende de l'afro-jazz, considéré par beaucoup comme une influence incontournable dans le rythm and blues (ce qui lui a valu son surnom de "papa groove" puis "papy groove"), il a été à l'honneur de nombreux festivals de jazz et événements musicaux et fait chevalier de la Légion d'honneur en 2010. En 2019, il avait donné un concert exceptionnel au Grand Rex, accompagné d'un orchestre symphonique. 

Les obsèques du musicien auront lieu dans l'intimité, confinement oblige, mais ses proches promettent qu'un hommage lui sera rendu après la période de confinement. 

Réécoutez Manu Dibango dans les émissions de France Inter :

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.