On n'a pas fini de s'interroger sur Bob Dylan : chanteur ou poète, génie ou imposteur ? Sacré prince des folksingers , il est devenu rock-star . Puis n'a cessé de changer de voix comme de jean, de son comme de chemise, de muse comme de chapeau. Il a laissé sa marque sur la moitié de la population chantante après lui, et ne semble aspirer qu'à s'effacer derrière un nom d'emprunt : Dylan .

Ce nom ne veut pas dire la même chose pour tous mais il parle à chacun. Du vent (qui souffle), d'une pierre (qui roule), d'un tambourin, d'un boxeur, etc. Ou d'un pays qu'on appelle encore l'Amérique. On a cru que Dylan touchait parce qu'il chantait la réalité américaine mais la matière de ses chansons vient plutôt d'une Amérique fantasmée. Il a pioché dans cette mine à ciel ouvert et continue, tout en marchant. Plutôt que de dormir sur un tas d'or à Malibu, il vit la vie d'un musicien qui joue pour la gagner. Son cirque passe de ville en ville. On va voir le dernier des Mohicans et il vous toise d'un rictus sous son galurin de cowboy. On l'aime ainsi depuis le début, sinueux, pas clair, fantasque, et tout terriblement. Sans savoir qui il est. Voici quelques lueurs pour éclairer son mystère - ou se perdre avec lui.

l'exposition Bob Dylan, l'explosion rock 61 - 66 >

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