Ce mercredi, Kathleen Evin a reçu dans "L'Humeur vagabonde" le percussionniste argentin Minino Garay. Il a inventé un jazz urbain, afro-latin, qu’il l’appelle en riant "un jazz pollué". Il a joué avec Dee Dee Bridgewater, Michel Portal, Michel Legrand… Rencontre avec un jazzman atypique.

Un parcours atypique

Minino Garay baigne dans la musique depuis toujours ou presque : dès cinq ans, son oncle l’introduit dans le milieu… Cet oncle produisait des orchestres, et très naturellement, Minino s'est retrouvé à y jouer du tambourin. Plus tard, ce sera de la cimbale… Ensuite, il est tout simplement resté sur scène - en passant par le conservatoire, tout de même. Notamment à Cordoba, où il a rencontré un “maître” : un professeur qui lui “a appris à être un bon musicien, dans le sens être un bon être humain ”.Depuis, il a composé plus de 250 morceaux, pour et avec des amis. L’esprit latin, sans doute :

J’ai besoin de connaître la personne. Après, peu importe l’instrument qu’il va jouer, on communique avec la musique et après on essaie de réaliser quelque chose - un album dans ce cas là. Ça part de quelque chose d’humain avant tout.

Parmi ces amis musiciens : Dee Dee Bridgewater, Michel Legrand, André Ceccarelli, Jacky Terrasson, Magic Malik, Michel Portal

Hommage à Carlos Gardel

Dans son nouvel album, Vamos , Minino Garay rend hommage à Carlos Gardel , l’inventeur du tango argentin. Mario Ruben Gonzalez explique : “En Amérique latine, Il y a peu de mythes aussi impressionnants que lui ; dans la musique c’est le mythe le plus important. Gardel représentait le rêve de tous les argentins [...] Il est au Tango ce qu’Elvis a été au rock'n'roll dans les années 1950 .”

Gladys Marivat a rencontré Pararo Conzani, un musicien compositeur chanteur uruguayen et ami de Mirimo Garay. Il raconte ici 25 ans d’amitié et de musique… et au passage donne des clefs de compréhension sur la musique latine, notamment la création du Cajón, le tambour péruvien :

Au Pérou, dans le port de Cajao, il y a eu des esclaves apportés par les négriers pour charger et décharger des bateaux qui venaient ou partaient en Espagne. Certains bateaux partaient avec l’or du Pérou, d’autres bateaux apportaient des meubles, du mobilier, aux colonies. Les meubles restaient sur le port jusqu’à ce qu’on vienne les chercher pour les amener en ville. Les gars étaient là ; ils s'asseyaient sur les meubles, les commodes, et ils tambourinaient. Les curés avaient interdit l’utilisation des tambours parce qu’ils permettaient de pérenniser la tradition religieuse. Ils ont commencé à se rendre compte qu’ils pouvaient tambouriner sur les meubles et personne ne râlait parce que ce n’étaient pas des tambours.

Finalement, il ont eu l’idée de faire des caisses qui sont simplement un cube en bois avec trou pour la résonance et des fois une corde à l'intérieur pour enrichir les aiguës.

►►► EMISSION | Mirimo Garay dans l'Humeur Vagabonde

►►► SITE | Le site officiel de Mirimo Garay (en français)

►►► COUP DE COEUR | Le coup de coeur de l'Humeur vagabonde : La Chanson d'Hélène

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