Matthieu Culleron est allé à la rencontre de Leonard Cohen, chez lui, à Los Angeles à l'occasion de la sortie de son nouvel album, "You Want It Darker", le 21 octobre.

Leonard Cohen et son fils Adam Cohen lors de la conférence de presse chez le songwriter
Leonard Cohen et son fils Adam Cohen lors de la conférence de presse chez le songwriter © nc / Columbia records

C'est dans une grande maison dans le chic quartier de Beverly Hills que Leonard Cohen a convoqué la presse du monde entier - plus pour des raisons de santé que par coquetterie. C'est d'ailleurs chez lui dans la maison familiale à Los Angeles que le chanteur canadien a enregistré ce nouveau disque. You Want It Darker, c'est le titre ironique qu'a sélectionné le poète de 82 ans pour ce qui est probablement son dernier album.

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Le grand "songwriter" qui peut passer des années sur l'écriture d'un seul texte arrive par la porte de derrière et remonte la salle par l'allée centrale comme à la messe. Tous les journalistes se lèvent. La bienveillance et le sourire de Léonard Cohen irradient la pièce. Pourtant cet album est à la fois sombre et sobre. Entièrement réalisé par son fils Adam Cohen.

D'entrée, Leonard veut remettre les choses aux clair suite à de récentes déclarations :

J'ai récemment dit que j'étais prêt à mourir... je crois que j'ai exagéré. En fait, j'ai l'intention de vivre éternellement !

Leonard Cohen
Leonard Cohen © nc / Columbia records

Le chanteur veut aussi rendre hommage à son ami Bob Dylan qui vient d'obtenir le Nobel de littérature :

C'est comme décorer l'Everest pour sa hauteur !

Une évidence pour Leonard Cohen. Une fois de plus il évoque son processus de création, une manœuvre longue et périlleuse : "Chacun à un système magique personnel qu'il utilise... Jusqu'ici, ce système a fonctionné pour moi, même si j'ai dû suer sur chaque mot mais bon c'est moi... Pour certains, ça vient lentement, pour d'autres ça va vite. Pour moi ça prend du temps, ça vient par gouttes. Ça fait partie de ma nature de donner le meilleur de moi- même aux moments critiques où l'urgence commence à se concrétiser... C'est quand cette urgence se concrétise que l'on trouve cette volonté de servir".

Le vocabulaire religieux hante cet ultime album. Pour Leonard Cohen, il faut surtout y voir le fruit d'un parcours : "Je ne me suis jamais considéré comme une personne religieuse... Je n'ai pas de stratégie spirituelle, je gambade occasionnellement comme beaucoup dans ces différents royaumes. Dans ma vie j'ai parfois senti la grâce d'une présence autre... mais je suis incapable de bâtir une structure spirituelle uniquement sur ça. C'est un vocabulaire avec lequel j'ai grandi. Ce paysage biblique m'est très familier, il est donc naturel que j'utilise ces points de repères comme références. Mais à part ça, je n'ose rien réclamer pour moi à ce royaume spirituel".

Léonard Cohen repart le sourire aux lèvres. Avant de partir, il tient sincèrement à nous remercier pour la façon que nous avons eu de l'accueillir : debout. Il nous laisse là , le petit livre noir de ses nouveaux textes sur les genoux. Sa grande photo entourée de noir trône seule sur l'estrade surmontée d'un " YOU WANT IT DARKER".

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