Stardust, "Gym Tonic", "So Much Love To Give", du côté de Thomas Bangalter. The Knight Club ou "Night Call" du côté de Guy-Manuel de Homem-Christo. Les Daft Punk sont morts mais hors des Daft Punk, les deux robots ont été prolixes et souvent pour le meilleur. Parce qu'il faut toujours garder un peu d'espoir.

Stardust, The Knight Club, des BO pour Gaspard Noé : en dehors des Daft Punk, les Daft Punk ont eu une carrière prolixe
Stardust, The Knight Club, des BO pour Gaspard Noé : en dehors des Daft Punk, les Daft Punk ont eu une carrière prolixe © Radio France

Les Daft sont morts, vive les Daft ? L'annonce de la séparation du couple le plus célèbre de Montmartre a fait pleurer des larmes de sang aux fans des robots masqués partout dans le monde. S'il fallait rassurer les quelques 20 000 âmes désemparées qui ont twitté avec le hashtag #DaftPunkForEver ces dernières heures, il faudrait leur dire ceci : les deux Daft ne vont probablement pas s'arrêter de faire de la musique et chacun de leur côté, en solo ou en collabs, depuis trente ans, ils ont fait de très belles choses. Passage en revue.

Stardust, ça vous parle ?

C'était la galette que les DJs du monde entier s'arrachaient à la Miami Winter Conference de 1998. Au même moment, en France, Trax prédisait : "Si, de tout l’été, vous n’entendez pas “Music Sounds Better With You” de Stardust, consultez immédiatement l’ORL le plus proche." De fait, le meilleur single de l'année, selon le magazine anglais Muzik, a inondé les radios et les dancefloors. Stardust, c'est un groupe éphémère composé de Thomas Bangalter, d'un chanteur méconnu, Benjamin Diamond et d'un autre grand nom de la French Touch, le DJ toulousain Alan Braxe. C'est un morceau, des envolées filtrées d’une guitare funk piquée sur un morceau de Chaka Khan et la voix romantico-mielleuse de Benjamin Diamond. Et c'est un état d'esprit : la bande originale d'un été de rêve, avec une coupe du monde zidanesque, une première techno parade à Paris et le PACS qui déboule à l'Assemblée.

Avec ce titre, la French Touch quitte définitivement la pénombre de l’underground et devient la nouvelle variété des "années gauche plurielle". Bob Sinclar qui fît les yeux ronds devant cette bombe pour dancefloor qu'il n'a pas signé, dira : "Stardust a déclenché beaucoup de choses. Les jeunes ont compris qu’on pouvait faire des tubes, et des thunes, avec des petites productions. Au niveau des studios, c’était la queue. Et on a vu des DJs débouler dans tous les clubs de France".

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Et "Night Call" de Kavinsky ?

Est-ce un morceau que Guy-Manuel de Homem-Christo a "donné" à son copain "Vinco", alias Kavinsky, comme ça se murmure sous le manteau à Paris, ou plus simplement le fruit particulièrement créatif d'une collab de studio entre deux potes qui s'adorent ? Guy-Manuel lèvera une partie du voile dans Snatch (un magazine qui eut ses heures de gloire), arguant qu'il avait dans le disque dur de son ordi "un loop qui correspond assez bien au style" de son copain. Ce dernier aurait ensuite composé le refrain sur un piano du studio. In fine, il ne reste que la musique et elle est bonne. Emergeant des ténèbres, la boucle lancinante de Guy-Man accompagne la voie doucerette d'un refrain qui ne s'arrête jamais, pour notre plus grand bonheur. Les filtres et les reprises de basses ont comme un goût de... de Daft, bien sûr !

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"Gym Tonic", vous vous rappelez ?

Dans les vieilles marmites de Thomas Bangalter, on retrouve aussi le Gym Tonic qu'il a co-mis au monde avec Bob Sinclar. Une autre pépite, élue 2e meilleur single de l'année 1998 derrière Stardust par Muzik. Un pur track dance avec ses tourbillons de synthétiseurs et la voix magnétique de Jane Fonda rythmée par une basse accrocheuse. Une bombe composée par Thomas Bangalter pour Bob Sinclar et qui sera à l’origine de centaines de milliers de copies pirates (le maxi officiel n’est jamais sorti !) et d'une belle embrouille entre les deux ex-compères. Le clan Bangalter assure que Bob Sinclar n'a pas touché au morceau et qu'il n'avait pas le droit de le sortir sous son nom. Nous, on s'en fout et on transpire.

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Si on en croit les même proches de Bangalter, le hit planétaire Call On Me d'Eric Prydz est aussi un vol en bonne et due forme. Le morceau aurait été fabriqué par Bangalter avec son copain DJ Falcon et volé à la volée par le DJ suédois, qui s'en serait inspiré avant que les deux frenchies n'aient eu le temps de le sortir. 

Tout Roulé est à garder

Il est vrai que Call On Me, comme Gym Tonic n'auraient pas dénoté dans le catalogue de Roulé, le label créé par Thomas à la fin des années 1990. Dans le bac d'une dizaine de titres de ce label de Montmartre, on gardera notamment le hit So Much Love To Give composé par Thomas avec DJ Falcon. SMLTG, c'est un condensé de ce qui a fait le succès de la French Touch. Le sample est extrait d’un morceau de The Real Thing, un vieux groupe soul des années 1970. Les paroles sont faciles à retenir, "I got so much love to give". Elles sont répétées 125 fois (on a compté). Il y a une demi-douzaine de breaks dans le morceau pour faire monter la pression. Et à chaque fois, des basses tonitruantes pour repartir. La pure recette pour enflammer les dancefloors. Dernier point commun avec tous les morceaux qui ont fait la légende de la French Touch : So Much Love to Give a été élu meilleur des cinquante singles dance de l’année 2001 par le mensuel Muzik.

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On like aussi le Trax On Da Rock volume 2, de Thomas Bangalter en solo.  Et notamment ce titre techno-acide Colossus qui repose – il faut entendre les deux morceaux pour le croire ! – sur un sample de Cette année-là de Claude ­François…

Avec Crydamoure, Guy-Man n'est pas en reste

De son coté, auréolé du même succès de Homework, le premier album des Daft Punk, Guy-Manuel de Homem-Christo, crée son label Crydamoure en 1997. En 1998, avec son ami Éric Chedeville, il sort des tracks deep house sous le pseudo Knight Club. Troubadour, Santa Claus, Boogie Shell emmènent les clubbers dans un tourbillon de boucles house filtrées sur fond d’italo-disco. En 2003, le même duo signe une nouvelle série de morceaux tout aussi cheesy. Ca a un peu vieilli mais qu'est-ce que c'était bon.

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Les bandes originales de Thomas Bangalter

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, Thomas Bangalter, avec les Daft ou en solo est particulièrement prolixe. Il travaille sur Discovery, il sort des Roulé et il signe la BO du film de Gaspard Noé, Irréversible. Une bande originale techno-sombre comme une envie d’en finir avec la house cheesy. 

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Dans la même veine et pour le même Gaspard Noé, Thomas Bangalter signera Sangria en 2018 pour le film Climax.

Et aussi... "Signatune", "Sexuality" et le 113

Dans la catégorie des projets musicaux développés en dehors des Daft, on notera aussi que Guy-Manuel de Homem-Christo a produit en 2008 l'album Sexuality de Sébastien Tellier (qui dira de son compère que "c'est presque lui qui a fait le disque"). On signalera que Thomas Bangalter s'est essayé à la production rap pour le 113 avec le très réussi 113 fout la merde.  

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Et qu'il a mis les mains dans le Signatune du regretté DJ Mehdi pour un track hyper dansant que Bangalter, dans un set mémorable (Oh My Fucking God !, They Are Crazy !, What's Going On ?!) mixa avec le Rolling and Scratching face B du premier morceau des Daft. La boucle est bouclée, évidemment.

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