Métro, ligne 9. Pas un jour sans qu'au cours d'un trajet, un, deux, trois, quatre voyageurs ne tentent de gagner leur vie en jouant, en chantant.

ligne 9
ligne 9 © © RF/VJ
Un homme, la cinquantaine, moustache grisonnante à la Brassens, une guitare en bandoulière, rafistolée par du scotch. Il chante avec un accent de l'Est et lance: "Bonne année, bonne santé, et bonne chance à moi!" Station suivante, c'est un trentenaire au physique de Luis Rego (l'ancien "Charlot", l'avocat de la défense du "Tribunal des Flagrants délires" sur Inter) qui s'accompagne à la guitare. Talent fou, toute la rame l'écoute, hilare. Il chante : "Y m'faut de l'argent, pour acheter des médicaments et même des tickets restaurant pour élever mes 8 enfants mais surtout y faut d'la joie sinon allez vous rhabiller N'hésitez pas à vous ruiner un peu de générosité merci beaucoup vous êtes des choux wouhhhhhhh donnez moi d'l'argent sinon, j'ai encore 12 chansons!" Plus saisissante, la vision de cet homme mal en point qui, d'une voix monocorde et poussée au maximum, chante comme un enfant qui récite mécaniquement un poème: "Que c'est beauuuu, c'est beauuuu, la vie..."
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.