Pour la première fois, la consommation en streaming de musique a dépassé, en volume, les ventes de musique en 2018. Une transformation des usages qui fait grimper le chiffre d'affaire des plateformes de diffusion, sans que ces bénéfices ne retombent sur les artistes.

En dix ans, le marché français de la musique enregistrée a profondément évolué et a vu le retour en force... du vinyle
En dix ans, le marché français de la musique enregistrée a profondément évolué et a vu le retour en force... du vinyle © Getty / Vincenzo Lombardo

Pour la première fois, le streaming représente plus de la moitié des ventes de musique (41% en 2017) et fait un bond de 26%.  

Ce qui montre irrémédiablement que les habitudes d'écoute ont changé. Et pas que pour les plus jeunes puisque 30% des streamers ont plus de 50 ans. Consommer de la musique en ligne, même sur des sites payants, devient un réflexe pour 5 millions et demi d'abonnés dont plus d’un million d’abonnés en un an. Ce qui laisse une marge de progression importante.  

En revanche les téléchargements sont en recul et les CD accusent une baisse de 15%. Un chiffre accentué selon le syndicat national des éditeurs et producteurs, par les manifestations des "gilets jaunes" puisque les mois de novembre et décembre représentent traditionnellement un tiers des ventes annuelles. 

Les CD sont cependant boostés par l'énorme succès de Johnny Hallyday. Son album posthume "Mon pays c'est l'amour" et l'ensemble de son répertoire se sont vendu à 2,2 millions d'exemplaires. 

Ce qui ne se dément pas c'est le retour du vinyle qui quintuple ses ventes en cinq ans. Avec le vinyle c'est aussi le retour des platines. Il s'en est vendu 155 000 en 2018.

Mais la bonne santé du streaming cache la forêt du problème de la rémunération des auteurs et interprètes. Les plateformes sont les grandes bénéficiaires. Un changement en vue peut-être avec la nouvelle directive sur le droit d'auteur examinée a Bruxelles à la fin du mois. 

À noter enfin que la production musicale française se porte très bien. 19 des 20 premières places du classement albums de l’année (et 45 des 50 premières) sont occupées par des artistes produits en France. Quant aux musiques urbaines, si elles représentent une part très importante des écoutes en France, elles s’exportent bien même au-delà des pays francophones notamment grâce à Aya Nakamura, Orelsan, ou MHD, entre autres.

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