J’espère que vous ne m’en voudrez pas d’évoquer un sujet sensible en ces temps de réclusion forcée : l’alcool. Non, rien de sordide, je vous rassure. Juste la voix d’une femme qui affronte ses démons mais de façon lumineuse.

Meg Remy, Meghan Remy fondatrice du groupe "U.S. Girls" en concert à Primavera Sound Day 4 le 4 juin 2016 à Barcelone, Espagne.
Meg Remy, Meghan Remy fondatrice du groupe "U.S. Girls" en concert à Primavera Sound Day 4 le 4 juin 2016 à Barcelone, Espagne. © Getty / Adela Loconte / WireImage

2 avril 2020 - Confinement Jour 15

Meghan Remy est la chanteuse d’un collectif de huit musiciens basé à Toronto, au Canada, et s’appelle US Girls. 

Dans cette chanson que je vous propose, Overtime , elle évoque une amie disparue qui ne buvait, entre guillemets, que « pendant ses heures sup ». Avec compassion parce que, de son propre aveu, elle-même a du mal à dire non à un verre. 

Alors, deux mots sur Meghan Remy. Cette trentenaire a des raisons d’être en colère contre tout, à commencer par elle-même. Violée durant l’adolescence, elle a d’abord déversé sa rage au sein d’un groupe punk féministe dans une banlieue de Chicago. 

Après des études de graphisme, elle a émigré au Canada. Mariée à un musicien de Toronto, Meghan est devenue une figure de l’underground local. 

À ses débuts, elle fabriquait ses chansons toute seule, confinée, eh oui, dans sa chambre à coucher, essayant de tirer le meilleur de compétences très limitées. Et puis, à force de volonté et de détermination, elle a beaucoup progressé, prenant notamment des cours de chant. 

Le nouvel album de son groupe U.S. Girls, qui s’appelle Heavy Light est une grande réussite. 

Meghan Remy s’y révèle une chanteuse surprenante, capable d’être tour à tour, avec un grand naturel, Diana Ross, Kate Bush et parfois Patti Smith. Son groupe, U.S. Girls, peut rappeler la générosité de Arcade Fire. 

Soit une famille de musiciens unis par un credo intransigeant mais qui, sans rien perdre de leur intégrité, accueillent les formes les plus faciles de la musique populaire : les chansons de Broadway, la variété soul de Motown, la disco-pop de Abba. 

J’espère, quand le monde sera redevenu normal, avoir la joie de voir U.S. Girls sur une scène française. En attendant, on peut continuer à rêver, ce qui n’est pas si désagréable, après tout.    

Aller Plus Loin

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