Découvrez l'expo consacrée au mouvement Punk proposée par la Discothèque de Radio France, en collaboration la Sacem, et présentée au Printemps de Bourges cette année.

Les Stinky Toys, 1977
Les Stinky Toys, 1977 © Getty / RB

Panik !Métal Urbain (album Les hommes sont morts dangereux, 1981)

En 1975, des jeunes Frenchies, nourris au rock anglophone et guitares saturées, ont la bougeotte et se sentent à l’étroit dans une France au costume trois pièces et à l’esprit un peu étriqué. Il faut sortir du petit halo « cool hippie » qui flotte alors majoritairement dans le pays.

Certains passent régulièrement la Manche et rapportent un peu du soufre de l’explosion punk en Angleterre et beaucoup de disques. D’autres s’échauffent et s’organisent dans les pubs, les lieux associatifs et garages et chez les disquaires (Open Market à Paris, Mélodies Massacre à Rouen…) et un peu partout en France.

Petit à petit, à partir de 1976, une identité punk hexagonale prend forme. Un des coups d’envoi du mouvement sera le festival de Mont-de-Marsan en août 1976 (un mois avant celui du 100 Club à Londres !). Pas encore complètement punk dans la programmation (à part The Damned), mais c’est le point d’entrée d’un réseau bouillonnant en devenir. Un an après, le même festival accueillera The Clash, The Police et des groupes français comme Asphalt Jungle (le groupe de Patrick Eudeline, alors journaliste à Best) ou Marie et les Garçons.

La première vague punk verra ainsi naître des groupes tels que Métal Urbain (exilés en Angleterre), Starshooter, Bulldozer, les Stinky Toys (emmenés par Jacno et Eli Medeiros) ou les rouennais d’Olivensteins; mais aussi des fanzines (Abus dangereux, Bazooka). Cette scène est résolument DIY (Do It Yourself) provoc’ et arty.

La machine est lancée et le mouvement se médiatise très vite (Plastic Bertrand chante Ça plane pour moi sur Antenne 2 début 1978 et le titre se classe dans les premières places des charts européens…).

Mais le punk du premier élan ne meurt pas, il devient même protéiforme et se politise. Des centaines de groupes se lancent alors dans l’ombre de l’underground des années 80. Parmi eux, Lucrate Milk, La Souris Déglinguée, Bérurier Noir et plus tard les Wampas ou encore Parabellum, qui eux resteront actifs de nombreuses années. Cette vague inscrit le punk dans une réalité sociale et ouvre une brèche pour des milliers de jeunes qui s’octroient enfin le droit d’occuper une scène musicale et politique jusque-là inaccessible.

Pendant ce temps, le virus punk s’est propagé à vitesse supersonique au-delà des frontières. Les oreilles sifflent dans tous les coins de l’Europe et le contexte politique ne fait que développer l’attrait des jeunes pour cette musique qui s’oppose aux diktats et à la discipline. Dans l’Espagne post-franquiste (avec le mouvement La Movida et plus tard une immense scène ska-punk), dans le pays basque (Eskorbuto et autres groupes « art brut »), en Europe du Nord, ou plus à l’Est, en RDA, en Hongrie, en Roumanie et en Pologne, là où le peuple étouffe, les jeunes arrachent leur liberté à grands coups de riffs.

Géant Vert, journaliste, fondateur des groupes punk Parabellum et LSD

« Le punk 76-78, c’est la dernière époque où tu vis quelque chose d’hallucinant ! »

PUNK ! 40 ans de No Future - L'exposition

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.