Patti Smith (1976)
Patti Smith (1976) © Owen Franken/Corbis

L'icône rock Patti Smith est en concert les 20, 21, et 22 octobre à L'Olympia pour fêter les 40 ans de son premier disque Horses paru en décembre 1975 et elle enchaînera avec une série de concert.

C’est John Cale qui avait produit en 1975 cet album culte retraçant les espoirs et les idéaux de la jeune femme dans les années 70. En France, il reçut le Grand Prix du disque Charles Cros.

« Horses c'est une combinaison de tout ce que je suis, ce n'est pas un album du temps présent mais un album qui retrace mon évolution, mon développement personnel, la manière dont j'ai fait fusionner le rock et la poésie. C'était la première fois que je rassemblais des idées qui m'habitaient depuis mon adolescence ».

La chanteuse avait fêté les 35 ans de Horses , le 22 janvier 2011 à la salle Pleyel, après trois autres concerts (Lecture à la Cité de la Musique le 18, avec trio acoustique le 20 et le 21 avec Philip Glass à l'occasion d'un hommage à Allen Ginsberg, le poète américain disparu en 1997). En 2014, elle a inauguré au Grand Palais une rétrospective consacrée à Robert Mapplethorpe.

Matthieu Culleron l'a rencontré. Entretien

Vous étiez une jeune fille éprise de littérature et attirée par le Tibet. Vous décidez de débarquer à New York en 1967. Pourquoi ?

Mon arrivée à New York fût un soulagement, la liberté. Une des raisons c'est que les choses matérielles ne m'intéressaient pas. Ma coiffure ou les vêtements n'avaient aucun intérêt pour moi. Je faisais comme j'avais envie. Les ados de mon âge avaient des permanentes, utilisaient de la laque, obnubilées par leurs apparences, moi pas. Mais le fait d'avoir cette attitude rendait les gens nerveux. Ils pensaient que j'étais une beatnic, une rebelle, mais je n'étais pas ça, c'était juste ma manière d'être. Ma vie c'était les livres que j'étudiais et que je lisais. J'avais mon style très personnel. A mon arrivée à New York , les gens se fichaient de mon attitude. La police ne m'arrêtait plus en me demandant si j'avais de la drogue sur moi, alors que je n'en avais jamais pris de ma vie.

"J'aime New York , il y a un tel mélange de gens ... "

J'aime New York car il y a un tel mélange de gens. Mes parents étaient des gens très ouverts d'esprit, plein de compassion, mais je vivais dans un climat de turbulence sociale. Le mouvement pour les droits civiques ne faisaient que commencer et j'étais heureuse d'atterrir dans une ville où les gens ne vous jugeaient pas.

New york à la fin des années 60 n'était pas une ville riche. il y avait des problèmes économiques, la ville n'était pas aussi touristique. C'était une ville vraie. il y avait beaucoup d'artistes, beaucoup de gens qui se battaient pour vivre. Il y avait des homosexuels, des drag -queens, il y avait de la place pour tout le monde, je pouvais enfin me ballader sans me préoccuper de la façon dont j'étais habillée.Pour moi la ville représentait une certaine liberté et aussi des opportunités. Mais le vrai truc c'est qu'en fait je ne voulais pas venir à New York, je voulais surtout aller à Paris. Ça c'était mon rêve.

Quel rapport entretenez-vous avec Paris ?

Jean Genet (1983)
Jean Genet (1983) © Radio France

J'y suis finalement allée en 1969. J'ai travaillé pour ça dans une librairie en 1967, c'est là que j'ai rencontré Robert Mapplethorpe . J'avais économisé et pour mes 20 ans, ma soeur et moi nous sommes parties pour Paris où nous sommes restées trois mois.

Là j'ai vu tant de choses qui m'avaient fait rêver. L'endroit où Gérard de Nerval est né, l'église où il a été baptisé. J'ai dormi dans l'hôtel dans lequel Arthur Rimbaud avait séjourné. J'ai vu l'endroit où Brancusi est enterré.

La littérature française a été extrêmement importante pour moi et le reste toujours aujourd'hui. Boris Vian, Arthur Rimbaud, Gérard de Nerval, Blaise Cendras, et bien sûr Jean Genet qui est pour moi est le plus grand écrivain du XXème siècle.

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