Il présentait en exclusivité son 3ème album solo "Boarding House Reach" dans un studio 104 bondé. Au micro Michka Assayas pour commenter en direct ce moment qu'il a qualifié lui-même "d'historique" ! A défaut d'images, on vous retranscrit la soirée.

Jack White croqué par le dessinateur de Bédé David Snug, qui a bien pensé à la guitare bleue, mais pas la chemise
Jack White croqué par le dessinateur de Bédé David Snug, qui a bien pensé à la guitare bleue, mais pas la chemise © David Snug

Que ce soit dit, le nouvel album de Jack White ne fait pas l’unanimité dans la presse. Depuis sa sortie le 23 mars, il a été qualifié de drôle (Variety), ridicule (Pitchfork) même d’inécoutable (Les Inrocks). L’occasion de se demander, à juste titre, pourquoi ce consensus si soudain. 

Qu’est-ce que notre bonhomme a bien pu faire pour les énerver comme ça ? 

Et bien, ce grand zigue aux allures d’Edouard aux mains d’argent (ce n’est un secret pour personne) a décidé pour ce nouvel album de quitter ses contrées du rock/blues à l’état pur. Jack White a osé ! Il a osé faire appel à des musiciens qu’il ne connaissait pas (et qui travaillaient dans des productions hip-hop, jazz, funk...) ; il a osé utiliser des consoles d’enregistrement numériques ; il a même osé rapper ! 

Étonnamment à l’heure du vocoder à outrance, des prestations accompagnées par un simple iPhone ou encore du revival années 80 à toutes les sauces, l’outrage absolu c’est de s’abandonner et de lâcher les rênes pour partir explorer funk, jazz, hip-hop ? 

Bref il a pris tout le monde par surprise, ce qui a pu en déstabiliser plus d’un étant donné le personnage plutôt orthodoxe que l’on connaît surtout pour son goût pour l’artisanat, l’ancien, la collection... 

Parenthèse, autant le dire, son aversion pour le rouge (et son obsession pour le bleu) ne nous ont pas rassurés à France Inter. On a bien crû que Jack allait nous faire repeindre tout du sol au plafond (mais n’en déplaise à ses détracteurs, il est bien plus détendu qu’il n’y paraît). 

Comment Jack White s’y prend pour nous embarquer dans sa navette ? 

Le concert démarre par une intro d’une minute, toute en électricité et saturation. Une excellente astuce pour tout groupe de rock qui se respecte, meilleur moyen d’en mettre plein la vue au public tout en testant le confort de son sur scène. Technique de sioux, Jack on t’a reconnu ! 

Tous en bleu, blanc, noir, le groupe fusionne. Ils enchaînent nouveaux titres (Over and Over and Over, Corporation qui sera gravé sur vinyle pendant le concert puis remis en mains propres à Jack à 22h, Ice Station Zebra, Respect Commander) et anciens (Lazaretto, Sixteen Saltines, Blunderbuss). On a à peine le temps de se reposer pendant ce set ultra dense, où il faut bien l’admettre sur certains morceaux on perd le fil. Mais quel plaisir de se faire entortiller dans ces plages que l’on pourrait presque croire improvisées. Les fantômes de Led Zep, Prince, George Parliament planent au-dessus du 104. 

En bon “control freak”, Jack White ne cède pas aux sirènes de la technologie si facilement. Le monsieur se refuse d’avoir un téléphone portable et interdit la présence de ces derniers pendants ses concerts. 

Sur le 7ème titre (Why walk a dog), on assiste tous médusés et amusés à la descente au milieu du public d’un Jack White qui vient s’installer à côté d’un jeune garçon, pour lui jouer le solo de sa guitare au creux de l’oreille (et même l’inviter à participer en touchant au micro de cette dernière). Et c’est à ce moment qu’on ne le remerciera jamais assez d’interdire les portables, cette scène restant ainsi à jamais entre les murs du studio, vécue par ceux qui y étaient. 

Après 54 minutes précisément de show bleuté, Jack White s’avance sur le devant de la scène, rejoint par ses comparses. Le salut est bref et sincère. On sent la satisfaction du travail bien fait. Cette pointe d’arrogance qui le caractérise est oubliée tant la folie créative qui l’habite nous a fascinée. 

ALLER PLUS LOIN

►► (re)écoutez Very Good Trip : Retour de Jack White, quand le blues rencontre le hip-hop

►► La playlist du label de Jack White "Third man records" 

►► David Snug, musicien indépendant et auteur de BD était aussi présent ce soir là, et il en a profité pour faire son compte-rendu, à sa manière : désopilante et pleine de bonne foi 

Jack White Stripe... quelques heures avant le concert au 104 de la Maison de la Radio
Jack White Stripe... quelques heures avant le concert au 104 de la Maison de la Radio / David Snug
Le compte-rendu du concert de Jack White en BéDé
Le compte-rendu du concert de Jack White en BéDé / David Snug
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