Le nouvel album de Foals se décline en deux parties. La première vient de paraître "Everything not saved will be lost." Devenu quatuor, le groupe était accompagné de renforts sur scène pour présenter des extraits de cette bande-son qui se veut le reflet de notre monde.

Foals retrouve la scène après 4 ans d'absence
Foals retrouve la scène après 4 ans d'absence © Radio France / Lucie Marsaud

Ils sont venus présenter en exclusivité quelques titres de leur nouvel album "Everything not saved will be lost" dont le premier tome est sorti le 8 mars. Les Oxfordiens de Foals étaient en concert pour les auditeurs d'Inter avant d'entamer leur tournée. 

Une tournée qui, volontairement, ne passera pas par les salles immenses dans un premier temps mais des lieux à taille plus humaine. Un besoin de se reconnecter avec le public sans doute. La continuité avec ce nouvel album qui se veut comme un avertissement selon Yannis Philippakis, chanteur du groupe : 

Je voulais que cet album soit plus explicite, qu’il reflète davantage l’extérieur et le contexte culturel comparé à certains de nos disques précédents qui étaient plus étanches aux bruits du monde ou qui avaient plus à voir avec mes paysages intérieurs. 

Pour cet album, le groupe a décidé de travailler sans producteur. Une première. C'est Yannis Philippakis qui s'y est collé avec l'aide de l'ingénieur du son Brett Shaw (qui a travaillé entre autres avec Florence + The Machine). L'ambiance de Londres a imprégné ce disque, beaucoup de paroles y font référence. Le chanteur confie d'ailleurs son malaise et sa frustration par rapport à la situation de l'Angleterre. 

J'aime bien être déconnecté, c'est pour ça que je veux être un artiste.

Yannis Philippakis se dit déconnecté, et pourtant son intensité sur scène laisse imaginer tout le contraire
Yannis Philippakis se dit déconnecté, et pourtant son intensité sur scène laisse imaginer tout le contraire © Radio France / Lucie Marsaud

S'il y a bien une chose que le groupe n'est pas sur scène, c'est déconnecté. Les regards entre eux sont intenses. Yannis Philippakis vient régulièrement se rapprocher de ses comparses comme pour s'assurer que tout va bien pour eux.  

De sa fougue, le groupe n'a rien perdu. Elle est sans doute un peu plus contenue. Ils sont parvenus à repousser les limites du math-rock des débuts d'Antidotes, pour explorer des sons plus pop atmosphérique mais aussi plus électro. Et les nouvelles compositions n'y font pas exception. Moins de guitares certes, mais toujours un son aussi dense amené cette fois par les synthés et les nombreuses percussions et Pad sur scène. 

Sans doute encore un peu en retenue quant à ce qu'ils ont pu déverser comme énergie par le passé, les garçons de Foals ont présenté un set composé essentiellement des nouveaux titres (On the Luna, Sunday, Mountain, Syrups, Exits et In Degrees) et deux madeleines (My Number et Spanish Sahara). 

Pour ces nouveaux titres, Philippakis déclarait vouloir les maintenir dansants afin de pouvoir faire passer la pilule des thèmes plus anxiogènes. C'est exactement ce qu'il se passe par exemple sur les titres Sunday ou In Degrees qui se terminent comme des transes auxquelles le groupe nous a habituées. 

A ceux qui ont aimé les Foals des débuts, peut-être arriverez-vous à renouer avec le groupe (qui s'était quelque peu égaré sur les routes de la musique de stade sur ces deux précédents albums). Le son est certes plus chirurgical mais les titres laissent présager quelques moments d'intensité pure comme ils ont su nous en offrir par le passé. Le public du 104, lui, n'a pas boudé son plaisir ! 

Foals depuis la scène
Foals depuis la scène © Radio France / Lucie Marsaud

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