Ce vendredi soir, six artistes sont en lice dans les deux catégories "révélations" des Victoires de la Musique. Depuis plus de trente ans que cette cérémonie existe, la plupart des révélations sont devenues des artistes confirmés… à quelques exceptions près.

La scène des Victoires de la Musique, ici en 2016
La scène des Victoires de la Musique, ici en 2016 © Radio France / JB

Fishbach, Juliette Armanet, Aliose, Eddy de Pretto, Gael Faye et Petit Biscuit : répartis en deux catégories (« Révélation scène » et « Album révélation »), ces six jeunes artistes sont les « révélations » sélectionnées pour la cérémonie des Victoires de la Musique, à suivre ce vendredi soir à partir de 20h sur France Inter, en direct de la Seine Musicale à Boulogne-Billancourt. 

Les révélations des Victoires de la Musique existent depuis aussi longtemps que les Victoires elles-mêmes, c’est-à-dire depuis 1985, même si elles ont régulièrement changé de nom (« révélation variétés », « révélation de l’année ») et ont été la plupart du temps scindées en plusieurs catégories, « masculine » ou « féminine », « scène » et « album ». 

Si le but de ces récompenses est de donner une visibilité à de jeunes artistes promis à un bel avenir, les révélations ont-elles toujours tenu leurs promesses ? Que sont devenus les lauréats de ces trente dernières années ? 

Ceux qui ont confirmé

Ce sont les plus belles réussites des Victoires : les artistes qui, après avoir été récompensés en tant que révélations, ont été lauréats dans les autres prix, dont les plus prestigieux que sont « Artiste féminin/masculin de l’année » et « Chanson originale de l’année ». Parmi les artistes les plus primés au palmarès des Victoires, Patricia Kaas a commencé son parcours par le trophée de la révélation féminine de l’année, en 1988, avant de décrocher cinq autres trophées entre 1989 et 1995 (dont quatre fois celui de la meilleure vente d’albums à l’étranger).

Pour son premier album Je, Tu, Ils, Zazie a reçu en 1993 la Victoire de la Musique de la révélation variétés féminine de l’année, alors même que l’album n’est pas un succès populaire (entre 30 000 et 50 000 ventes seulement). C’est deux ans plus tard, avec Zen en 1995, que sa carrière s’envole (elle en vend dix fois plus)… et qu’elle décroche un nouveau trophée, pour le clip de Larsen en 1996. En tout, elle a obtenu cinq Victoires. 

Quant à Benjamin Biolay, il fut lui aussi révélation des Victoires en 2001 pour son premier album Rose Kennedy, avant de gagner deux Victoires de l’album de chansons de l’année en 2010 (La Superbe) et en 2017 (Palermo Hollywood), et celle de l’interprète masculin en 2010 également. 

Aussitôt récompensés, aussitôt repartis ?

Vous souvenez-vous de Stephend ? En 1996, elle était presque inconnue, ayant à son tableau d’honneur la première partie du long tour de chant (cinq mois) de Michel Sardou à l’Olympia. Mais à la surprise générale, elle remporte le prix de la révélation féminine de l’année, face à Ophélie Winter et Axelle Renoir. Sur scène, elle interprète une version française de « Show must go on » de Queen. Elle est soupçonnée d’avoir bénéficié de faveurs des organisateurs, et sa carrière en pâtit.

Autre passage éclair : celui de Miss Dominique, élue « révélation du public » en 2007 grâce aux votes des téléspectateurs. Après un deuxième album sorti en 2009 sans grand succès (elle atteint au plus haut la 135e place des ventes), elle disparait de la scène. 

Enfin, Nina Morato est choisie comme révélation en 1994, après la sortie de son album Je suis la mieux porté par le single Maman. Bien qu’elle représente la France à l’Eurovision cette année-là (elle finit en 7e position), ses titres suivants ont moins de succès. Après 1999, elle cesse de chanter jusqu’en 2016, à la sortie d’un album éponyme. Entre-temps, elle s’est lancée dans la comédie, jouant notamment pour Jérôme Savary. 

Ironie du sort, sur cet album, elle était accompagnée par un jeune guitariste, un certain Mathieu Chédid... qui a gagné 9 Victoires depuis. 

Ceux qui ont marqué leur époque

Parmi les lauréats dans les catégories révélation ces 30 dernières années, certains artistes, s’ils n’ont pas traversé les décennies, ont suffisamment marqué leur époque pour continuer à être écoutés… et à faire danser en soirées. 

C’est le cas des révélations de l’année 1986 : le groupe toulousain Gold, qui, après vingt ans d’activité, connait enfin le succès populaire et donc critique. Fort d’une bonne demi-douzine de tubes (Capitaine abandonné, Laissez-nous chanter, Ville de Lumières), et remis au goût du jour au début des années 2000 par Emile & Images, Gold continue d’animer les soirées 80.

Même sort pour Philippe Lafontaine : le chanteur belge est choisi comme révélation masculine en 1990 après le gros succès de sa chanson Cœur de Loup, sortie l’année précédente. Lui aussi participe à l’Eurovision l’année de sa Victoire. Mais s’il a continué à produire des disques jusqu’en 2003, il n’a jamais retrouvé l’immense succès de Cœur de Loup.

Et côté années 90, c’est le rappeur Ménélik qui s’est retrouvé propulsé par la catégorie révélations des Victoires de la musique, après son premier album Phénoménélik, et avant l’immense carton de la chanson Bye Bye. Il a quitté le milieu de la chanson en 2001… avant de revenir l’an dernier. 

Ceux qui sont toujours dans le paysage

Ceux-là ont été révélations aux Victoires et n’ont jamais quitté ni le paysage musical ni un succès certain… mais n’ont jamais réussi à décrocher un nouveau trophée. Et malgré les clichés qui entourent souvent la cérémonie des Victoires, c’est notamment le cas de Vincent Delerm. Lauréat en 2003 du prix de l’album révélation de l’année pour son premier disque, il n’a jamais gagné aucune autre Victoire depuis… malgré de nombreuses nominations, et des apparitions régulières sur scène. 

Même sort pour Lara Fabian, choisie comme révélation en 1998 et jamais primée depuis. Mais la chanteuse belgo-canadienne s’est rattrapée au Québec, où elle a obtenu quatre Félix, équivalent local de nos Victoires. 

Et en 2004, le tout jeune groupe Kyo avait décroché les trophées des trois catéories révélation de l’année… avant de se mettre en pause. Cette année, après un retour couronné de succès, il concourt dans la catégorie Chanson de l’année pour Ton Mec. 

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