Pour revenir aux origines de la samba, Paulo Lins raconte dans Depuis que la samba est samba , la rivalité entre deux hommes pour une prostituée de Rio de Janeiro.

Une fresque historique violente revendique les moments forts de la formation culturelle brésilienne.

Depuis que la samba est samba , de Paulo Lins, traduit du portugais (Brésil) par Paula Salnot, publié aux Éditions Asphalte, 2014.

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samba © asphalte éditions

Rio de Janeiro , fin des années 1920, dans le quartier de l’Estácio, du nom du fondateur de la ville en 1567. Le roman dePaulo Lins raconte l’histoire de ce quartier, mêlant personnages de fiction et personnages historiques.

Ainsi Brancura le Noir et Sodré le Blanc, tous deux amoureux de la belle Valdirène, une prostituée, se livrent une guerre sans merci sur fond de samba , la toute nouvelle musique inventée par Ismael Silva, autre habitant des lieux.

Le langage est truculent pour raconter l’amour, le sexe, l’homosexualité, la prostitution et… la naissance de la samba .

L’univers de la musique réunit malfrats (malandros ), proxénètes, immigrés mais aussi cordonniers, petits fonctionnaires, employés de banque, artistes…Ismael Silva, qui a réellement existé , est cordonnier et compositeur, il veut changer la musique, s’approprier les sons et les rythmes issus des origines indiennes et africaines du Brésil.

La samba va naître d’un groupe de formules rythmiques associées au tamborim , qui joue un rôle décisif. Ismael Silva compose et ses œuvres deviennent de plus en plus populaires, jusqu’à être radiodiffusées !

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estacio_rio de janeiro © / junios

Cette fresque historique violente revendique les moments forts de la formation culturelle brésilienne à travers la samba, la capoeira, l’umbanda (religion nouvelle qui emprunte au candomblé de Bahia, au christianisme et à la culture indienne).

On assiste également à la fondation du premier bloco de carnaval de l’école de samba Deixa Falar. Mais ces mélodies et ces danses nouvelles, qui font émerger une nation multiethnique, souvent chantées et dansées par des gens du peuple, voire des hommes de milieux peu recommandables, dérangent.

Extrait : « Ils avaient voulu s’intégrer à la société par le biais de la musique, mais même ainsi, ils furent frappés par la police, méprisés, emprisonnés. Ils souffrirent de préjugés mais continuèrent à samber à la recherche d’une avenue qui serait une passerelle entre leurs mondes, aidés par le tambourin, le reco-reco, la cuica et le surdo. »

La police s’oppose ainsi à ces précurseurs, surtout si les bandas de capoeristes sont composées de Noirs. Elle applique, avec zèle, les diverses interdictions promulguées.

Paulo Lins livre donc un récit qui apporte, par des chemins où la fiction se nourrit de la réalité, de nombreux éclairages sur le passé du Brésil, sa culture et sa musique

Vidéo : Francisco Alves chante la samba __

Me faz carinhos , composition d’Ismael Silva et Francisco Alves (2’52’’)

►►► Ismael Silva parle sur la samba - Roberto Ribeiro chante Nem é bom falar d’Ismael Silva. Emission "Archive N", Globo News (3’07’’), (document en portugais)

Par Maria Contreras de la Documentation de Radio France

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