France Inter retransmet en direct le concert de 20h à 22h. Présentation de Baptiste Etchegaray.

Dans le cadre de la 4ème édition de Chantiers d'europe , Lisbonne-Paris, qui regroupe 60 artistes dans 30 projets dans 13 lieux associés , le théâtre de la Ville présente une soirée Fado avec Carminho - voix, Luis Guerreiro - guitare portugaise, Diogo Clemente - guitare et Marino de Freitas - basse acoustique.

Le fado, un des plus grands mystères de Lisbonne, se renouvelle par la voix de Carminho.

Déjà bercée par le fado dans les entrailles de sa mère, Carminho, diplômée de marketing et publicité, parcourt le monde avant d’enregistrer son premier album. Au fil d’un périple de onze mois, elle côtoie la pauvreté des êtres et découvre la splendeur du monde: un viatique ! Deux disques attestent, outre la grâce de ses traits, le talent de cette jeune femme : une vive sensibilité et la beauté de la voix.« Les chants des Portugais, écrit Fernando Pessoa, sont tels des bateaux sur la mer, ils voguent d’une âme à l’autre, au risque de sombrer. » Ceux qu’offre Carminho ne connaissent point ce funeste destin. Gonflés telle une voile par le souffle de la voix, ils gagnent les coeurs. Certains, comme ce classique, oeuvre de David Mourão-Ferreira et Alain Oulman, parés d’un nouveau gréement, émergent des flots de la mémoire. « Elle possède, dit le chanteur Camané, le don d’aller chercher le passé et de le porter vers le futur. » D’autres croisent sur les eaux du présent tels ces poèmes d’Aldina Duarte ou de Vitorino, voire ses propres mots… D’autres encore, à l’occasion, s’aventurent outre-fado, Brésil ou jazz, vers d’autres horizons. Un périple musical. Jacques Erwan

CARMINHO

Les choses n’auraient pas pu être autrement pour quelqu’un qui chante ces mots et qui a toujours considéré le Fado comme son destin mais qui n’a pu l’admettre qu’après avoir vraiment appris à se connaître elle-même.En 2009, Carminho chante Fado. Celui-ci, c’est son fado, celui qu’elle connait depuis son enfance lorsqu’elle écoutait les disques de ses parents, lorsqu’elle assistait au rassemblement de chanteurs de fado dans sa propre maison, et lorsque, encore adolescente, elle commence à chanter à la Taverna do Embuçado.

Ce Fado est le titre de son premier album qui fut l’un des disques les plus attendus parmi la nouvelle génération de chanteurs de fado: pour ceux qui avaient déjà entendu Carminho, son talent était évident. Mais ils ont dû attendre – jusqu’à ce qu’elle obtienne son diplôme, jusqu’à ce qu’elle ait fini son tour du monde, et jusqu’à ce qu’elle se connaisse au plus profond d’elle-même.

Carminho
Carminho © Isabel Pinto
Son Fado est devenu l’un des albums les plus acclamés en 2009. Il a été disque de platine – de quoi faire des jaloux pour un premier album. Avec Fado, c’est le Portugal tout entier qui a succombé à la voix de Carminho, et les portes du monde se sont ouvertes devant son talent. Fado a été nommé meilleur album 2011 par Songlines Magazine. Elle a donné des concerts dans de nombreuses capitales européennes, au Womex à Copenhague en 2011, et au siège de l’UNESCO, à Paris. Elle a ensuite reçu la proposition de participer à l’album de Pablo Alborán. Cet album est devenu un véritable phénomène, aussi bien au Portugal qu’en Espagne. Fado a longtemps attendu son digne successeur qui est sorti en 2012. Le 5 mars 2012, Carminho révèle son « Alma » (qui signifie âme en portugais) avec 15 nouvelles chansons. Comme Fado cet album est produit et réalisé par Diogo Clemente, et regroupe également des reprises et des chansons originales (dans l’édition spéciale, l’album contient 17 chansons et un DVD d’un concert de Carminho en mai 2011, à Lux Frágil à Lisbonne).
Carminho
Carminho © Isabel Pinto
Les reprises sont moins évidentes. Certaines ne sont pas si connues, comme des chansons de Amália (Cabeça de Vento), de Dina do Carmo (À Beira do Cais), de Fernanda Maria (As Pedras da Minha Rua), mais également de Chico Buarque (Meu Namorado, O Grande Circo Místico), ou de Vinicius de Moraes (Saudades do Brasil em Portugal). Les chansons originales sont de Diogo Clemente (Bom Dia, Amor, à propos du poète Fernando Pessoa), de Mário Pacheco (Talvez, paroles de Vasco Graça Moura), et de Vitorino (Fado Adeus). L’album comprend aussi de nouvelles paroles pour des airs de fado traditionnels – l’un d’entre eux, Folha, écrit par Carminho elle-même, et un autre Impressão Digital est un poème d’António Gedeão.Et c’est cette rencontre entre le passé et le présent qui nous permet de révéler le futur du Fado, à travers la voix unique de Carminho. Une voix qui, dans son second album, soutient tout ce qu’elle chante dans Talvez : « _Je ne sais peut-être pas qui vous êtes, mais je sais qui je suis_ ». _Photo de présentation : Carminho © Isabel Pinto_
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