Je viens d’apprendre la disparition d’un immense musicien, Manu Dibango. Une victime, à quatre-vingts ans passés, des suites du Covid-19.

Manu Dibango, saxophoniste et chanteur, sur scène le 14 mars 2015 à Ezy-sur-Eure (27).
Manu Dibango, saxophoniste et chanteur, sur scène le 14 mars 2015 à Ezy-sur-Eure (27). © Getty / Francis Apesteguy / Redferns

24 mars 2020 - Confinement Jour 8

Impossible de rendre pleinement justice, en si peu de temps, à la vertigineuse universalité de cet immense artiste, sorte de citoyen du monde qui a arpenté tous les territoires musicaux : jazz, rumba, soul, funk, reggae, salsa, variété, c’est à l’infini. 

Saviez-vous, par exemple, que Manu Dibango, saxophoniste et chef d’orchestre, a joué de l’orgue dans l’orchestre de Nino Ferrer lorsque celui-ci chantait Je voudrais être noir ? Il ne manquait pas d’humour. 

Élevé dans un foyer protestant au Cameroun après guerre, son père était fonctionnaire sa mère couturière, débarqué chez nous à Marseille, adolescent, logé ensuite dans un petit village de la Sarthe, Manu Dibango a découvert à Paris le jazz moderne de Miles Davis. 

Il a animé des orchestres à Saint-Germain des Prés puis à Bruxelles, en Belgique, tout en accompagnant Gilbert Bécaud, Dick Rivers, même Mike Brant plus tard. Sans oublier Gainsbourg. 

Il a connu une notoriété internationale en 1972, grâce à un titre, Soul Makossa. Un tube aux États-Unis, on a appelé ça afro-funk. Un coup de génie qui a apporté une notoriété internationale à Manu Dibango, ouvrant la porte à des collaborations avec Peter Gabriel, les musiciens de Paul Simon et tant d’autres. 

Soul Makossa a fasciné Michael Jackson et son mentor Quincy Jones qui en ont emprunté le riff principal pour Wanna Be Startin’ Somethin’, l’entrée en matière de l’album Thriller en 1982. Une affaire qui s’est réglée à l’amiable. 

Je vous conseille l’album Wakafrika, où Manu Dibango a repris de célèbres thèmes africains avec les plus grandes voix du continent, comme Agélique Kidjo dans Ami Oh, c’est splendide et c’est de circonstance. 

Mais impossible de ne pas écouter Soul Makossa, c’est contagieux, bon, pardon, et vous allez faire de joyeux bonds dans votre jardin, votre cuisine ou sur votre balcon confinés. Mais prudence malgré tout !       

Aller Plus Loin

🎧 ECOUTER |Dans la playlist de France Inter : Manu Dibango (1933-2020) dernier tour des pistes

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