Pour les 60 ans du festival, Pierre Henry, 80 ans, devant sa console, dans la cour du lycée Saint-Joseph. Barbu, petit, tout rond, pull rouge et manteau de marin, il ressemble à Victor Hugo, Alain Bombard et Michel Charasse. Avec un visage de faussaire ou de vieillard breton rusé prêt à conter l'histoire de sa musique, le grand-père de l'électro en France a conçu une longue fresque écologique sonore, pour l'occasion. On entend des insectes ou des sons de train ou d'avion, des grillons, des cloches qu'il amplifie ou atténue à volonté. Bruit ou musique? On ferme les yeux, on décroche, on revient, on pense, certains prient peut-être, et l'on s'ennuie aussi, sans déplaisir. Le vieil homme parle un langage que nous ne comprenons pas mais que l'on tente d'appréhender pourtant les yeux fermés. Quand aux rappels, ses doigts poussent les curseurs, résonne sa "Messe pour le temps présent", créée dans la cour d'honneur pour Béjart en 67. Les spectateurs remuent, frappent dans les mains, et le petit homme repart ravi, oubliant son âge, et les 40 ans de son oeuvre. La messe est dite et l'on s'aperçoit que même profanes et mécréants, nous sommes les disciples du petit Pierre Henry.

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