L’ancien assistant de Daniel Filipacchi, Jean-Marie Perier est le photographe attitré des années yéyés. De 1962 à 1974, il officie au magazine pour ado Salut les Copains , où il capture les idoles des jeunes : Johnny Halliday, Sylvie Vartan, Thomas Dutronc, Françoise Hardy… Il photographie aussi des stars internationales : son premier shooting des Beatles, restera mémorable pour lui. En cinq minutes chrono, l’affaire était dans le sac. Jean-Marie Perier se souvient.

The Beatles
The Beatles © Jean-Marie Perier

« La première fois que je rencontre les Beatles, c’est en 1963 à Londres. J’ai rendez-vous chez leur manager Brian Epstein dans un bel immeuble à la porte rouge, devant laquelle je ferai plus tard une photo d’eux. Cette première séance est compliquée pour moi parce que je parle mal l’anglais et eux ne font aucun effort. Un groupe, c’est simple, si vous n’êtes pas dedans, vous êtes dehors. Et avec leur accent incompréhensible et leur « slang », une sorte d’argot abscons, je suis bien largué. Je me débrouille comme je peux ce jour-là, mais comme Daniel Filipacchi et moi nous pensons que ces types vont avoir du succès, je me creuse la tronche pour trouver une idée dont ils se souviendront. Je leur donne rendez-vous dans un studio de photo avec en tête une idée assez gonflée pour l’époque.

Il faut comprendre que pour moi en 1963, ils ne sont pas encore Les Beatles avec un grand B. C’est juste un groupe qui fait une musique formidable pour des petits anglais blancs coincés dans une Angleterre un peu raide, tout en rêvant d’être des noirs du Sud des Etats-Unis.

Lorsqu’ils entrent dans le studio, je leur donne à chacun une cigarette et un briquet, puis je leur demande de se mettre en ligne devant moi. Après avoir fait signe à l’assistant de faire le noir dans la pièce, je leur dis d’allumer tous leur cigarette en même temps. UN, DEUX, TROIS, clic clac merci Kodak, l’affaire est dans le sac. Je fais remettre la lumière et je leur serre la main à chacun en disant: «Merci les mecs, à bientôt ! » Le tout a duré à peine cinq minutes.

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Aujourd’hui je réalise que c’était quand même assez insouciant attendu que le numérique n’existant pas, on ne pouvait pas voir le résultat avant trois ou quatre jours. Par chance ça fonctionna et la photo était réussie. C’est ainsi qu’ils se souviendront de moi et c’est sans doute grâce à cette photo qu’ils m’engageront plus tard pour travailler pour eux à Abbey Road pendant l’enregistrement de «Sergent Pepper ». »

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