Le producteur Henri Belolo est mort à l'âge de 82 ans, a annoncé la Sacem ce lundi. Initiateur du groupe Village People en 1977, il avait aussi créé le label Scorpio Music, à l'origine d'une quantité impressionnante de succès populaires des années 80 à aujourd'hui.

Les Village People, ici en 1980
Les Village People, ici en 1980 © AFP / Photo12.com - Collection Cinema / Photo12

La Sacem, société des auteurs-compositeurs, l'a annoncé sur son compte Twitter : le producteur Henri Belolo est mort. Né en 1936 à Casablanca, il avait 82 ans. Après avoir commencé sa carrière aux côtés d'Eddie Barclay pour sa maison de disque Barclay Records dont il représentait les intérêts au Maroc, puis en France, il était parti vers les États-Unis en 1973, où il avait fait la connaissance d'un autre Français : Jacques Morali. 

Ensemble, ils se lancent dans la production de musique disco. Leur premier projet, "The Ritchie Family", fonctionne bien, avec notamment une reprise disco du titre de samba "Brazil". Mais c'est avec l'un des choristes de ce premier groupe, Victor Willis, qu'ils montent le projet qui fera leur renommée mondiale : Village People

Alors que le premier album est enregistré par Willis seul avec des choristes, les Village People deviennent un groupe quand il s'agit de faire des passages télévisés : le chanteur et ses producteurs choisissent les cinq clichés masculins à l'époque les plus populaires dans la communauté gay new-yorkaise : l'indien, l'ouvrier, le policier, le motard et le cow-boy. Morali et Belolo écrivent avec Willis les paroles et la musique de la plupart des tubes du groupe, comme Go West,  Macho Men ou Y.M.C.A, leur plus gros succès commercial. C'est cette frange de la carrière d'Henri Belolo, en duo avec Jacques Morali, qui est la plus connue : en 1979, le groupe reçoit un Grammy Award.

Contaminé par le Sida, Jacques Morali rentre en France au milieu des années 80 et meurt en 1991. Henri Belolo, qui l'avait suivi en France, s'occupe alors du label Scorpio Music qu'il avait fondé en 1976. Et avec cette maison de disque, il a contribué à définir tout un pan de la musique populaire des années 90, accompagnant les débuts de la musique house et de la culture club, entre les titres et artistes qu'il a produits, et ceux qu'il a distribués en France, participant à leur succès. Chez Scorpio, on lui doit, en vrac, "What is love" du groupe Haddaway, "No Limit" de 2 Unlimited, "Freed from desire" de Gala, "Blue (Da Ba Dee)" de Eiffel 65, ou "I Will Survive" dans sa version interprétée par le Hermes House Band, celle qui a accompagné la victoire de l'équipe de France en 1998

Scorpio Music, qui a également produit le remix à succès de "Sing it back" du groupe Moloko, a accompagné les évolutions de cette musique de club dans les années 2000. Le label a signé des tubes aussi variés que "Papi Chulo" de Lorna, "California Dreamin'" des Royal Gigolos, "Gabriel" de Najoua Belyzel ou encore le très entêtant "Un monde parfait" de Ilona Mitrecey, qui s'est vendu à plus de 1,5 million d'exemplaires en France à l'été 2005.

Repris notamment par son fils Anthony Belolo, le label a continué à produire des tubes dans les années 2010, de "Vamos a la playa" de Loona, "Voodoo Song" ou "Mi Gente" de Willy William (chantée en duo avec Beyoncé). Henri Belolo, quant à lui, avait été décoré de la Légion d'Honneur en 2017.

Sur Twitter, l'ancien patron de NRJ, Roberto Ciurleo, lui a rendu hommage. 

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