Peu à peu, les équipes de basket du championnat américain NBA mettent un terme à ce qui fût longtemps une tradition des temps-morts ou de la mi-temps : les pom-poms girls. L'effet #metoo est passé par là.

Le championnat américain de basket choisit de se séparer peu à peu de ses "cheerleaders". La mode est à la mixité dans le spectacle à la mi-temps.
Le championnat américain de basket choisit de se séparer peu à peu de ses "cheerleaders". La mode est à la mixité dans le spectacle à la mi-temps. © AFP / EMMANUEL DUNAND

C'est un mouvement lent, discret qui se joue dans l'univers flamboyant et clinquant du basket américain. Ces quatorze derniers mois, huit des trente équipes du championnat NBA se sont séparées de leurs formations de "cheerleaders" pour les remplacer par des troupes mixtes. 

C'est ce que révèle un long article paru dans "Time". La vague a commencé en juillet 2018, raconte l'hebdomadaire américain. L'équipe de Toronto a pris cette décision la première (et visiblement cela leur a porté chance puisqu'ils ont gagné le prestigieux titre en fin de saison). Peu de temps après, ce sont les Spurs de San Antonio, l'ancienne équipe de Tony Parker, qui ont suivi. Aujourd'hui la tendance est à la mixité dans le spectacle proposé au public quand le jeu est arrêté. 

Conséquence de la vague #metoo, les clubs craignent d'être accusés de sexisme. Institution du sport américain, devenue incontournable dans les stades depuis 30 ans, les "cheerleaders" sont souvent mal payées, travaillent à temps partiel, raconte "Time". C'est la face moins glorieuse d'un métier qui se veut dédié au spectacle. 

C'est un rôle à part entière dans la culture sportive aux États-Unis. Dès le lycée, puis à l'université, les jeunes filles concourent pour intégrer l'équipe des "cheerleaders" de leur école. 

Hyper-sexualisation du spectacle

Le club des Dallas Mavericks a une nouvelle présidente. Cynthia Marshall a succédé à un homme accusé d'agression sexuelle. Parmi les dirigeants de clubs, c'est elle qui parle le plus franchement : "Nous souhaitons mettre les danseuses en lumière en tant qu'artistes, et qu'elles brillent pour leurs compétences. Pas comme des bonbons pour les yeux. Si quelqu'un amène un enfant de dix ans au match, je ne veux pas qu'il ait à lui couvrir les yeux durant le spectacle". Elle dénonce un spectacle devenu hyper-sexualisé, mais ses collègues à la tête des autres franchises se contentent d'affirmer leur volonté de diversifier, "faire évoluer" leur divertissement. 

Décision qui prive les femmes de travail

Le "Time" souligne aussi que bon nombre de ces pom-pom girls congédiés ne comprennent pas cette décision. Ce serait du sexisme en somme, dénonce l'une des danseuses mises à la porte. Elle dénonce la brutalité de ce changement de mode. Selon Mariah Palmiter "mettre les danseuses à la porte, c'est se débarrasser des talents féminins afin de fuir les éventuelles accusations d'harcèlement qui pourraient faire trembler le monde du basket" (NDLR : un entraîneur vedette a été accusé par une journaliste sportive d'agression sexuelle. Il a nié). 

En France, la place de la "femme-divertissement" dans le sport a été récemment évoquée lors de l'édition 2019 du Tout de France. Une pétition demandant la suppression des hôtesses de podium a été lancée. Elle a récolté 36 000 signatures. 

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