Il y a un an, jour pour jour, Nicolas Hulot démissionnait en direct sur France Inter de son poste de ministre de la Transition Ecologique et Solidaire. Il ne supportait plus "la politique des petits pas". Et depuis, il a choisi de raréfier sa parole pour être le plus percutant possible. Ça a fonctionné ?

Nicolas Hulot, en avril dernier pendant une conférence à Paris
Nicolas Hulot, en avril dernier pendant une conférence à Paris © AFP / Daniel Pier / NurPhoto

Au gouvernement, déjà, Nicolas Hulot n'était pas très bavard. Depuis le 28 août dernier, il l'est encore moins. Il a accordé en l'espace de 12 mois, seulement 8 interviews et n'a rédigé qu'une petite quinzaine de tweets, et encore moins de posts Facebook. "Ce n'est pas une question de paresse, mais bien une stratégie" assure tout de suite un de ses amis. 

La personnalité politique préférée des Français a d'abord commencé par une cure de silence. Trois mois sans un mot, sans une activité. Puis, il fait son retour, fin novembre, en prime time dans l'Emission politique de France 2, où il juge "évitable" la crise des gilets jaunes. Première flèche. Il décoche la seconde en février. Son ami député, Mathieu Orphelin, quitte le groupe de La République en marche à l'Assemblée parlant "d'échec collectif" à propos de la transition écologique. 

Au printemps, Libération lui demande "quelles ont été les avancées environnementales depuis le début du quinquennat ?" Il répond "rien de structurant. La moisson est maigre." Et évidemment, les oppositions en font leur miel. Les écologistes en profitent en pleine campagne des Européennes. Nicolas Hulot ne donne d'ailleurs aucune consigne de vote, et ne réagit pas à l'annonce des résultats. 

Mi-juin, il renoue avec la politique et s'allie avec le patron de la CFDT, Laurent Berger, pour lancer, avec sa fondation, "le pacte du pouvoir de vivre". Nouveau coup de pression sur le gouvernement. Trois mois plus tard, ce 27 août, Edouard Philippe a consenti à recevoir ses signataires à Matignon. Nicolas Hulot était représenté par un salarié de sa fondation, qui a "apprécié le dialogue mais attend maintenant des décisions".

Déclaration de guerre

Nicolas Hulot a élevé encore un peu plus la voix, avant l'été, en déclarant la guerre aux traités de libre-échange : CETA et MERCOSUR. Sa parole semble avoir résonné chez les marcheurs. Neuf députés LREM "ont eu le courage de dire non" et 53 autres se sont abstenus. Du jamais vu dans ce quinquennat. Et depuis, d'ailleurs, si on en croit son entourage, ses échanges par SMS avec Emmanuel Macron sont devenus beaucoup plus rares.

"Nicolas a marqué des points" estime un de ses amis. "Et il sera très vigilant sur l’abandon du Mercosur promis la semaine dernière par Emmanuel Macron. Il craint que ce soit comme pour le glyphosate, une promesse sans lendemain". Le Président parle désormais d'une suspension temporaire. 

Nicolas Hulot compte bien rester cette année le poil à gratter du gouvernement, celui qui pousse toujours plus loin le curseur. Son statut de personnalité politique préférée des Français lui offre une caisse de résonance inédite. Il n'a aucune ambition municipale, ni présidentielle à l'heure qu'il est. 

Après s'être mis cet hiver "sur les traces des chimpanzés" en Ouganda, Nicolas Hulot s'apprête à monter sur le voilier Pen-Dhuick VI aux côtés de la fille du défunt navigateur Eric Tabarly, qui a transformé ce bateau en un "think-tank" flottant. "Nicolas va réfléchir à de nouveaux modes d'action" conclut son ami député Matthieu Orphelin, qui cherche à entretenir le suspense.

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