C’est le livre le plus vendu la semaine passée, devant les derniers ouvrages de Joël Dicker ou Guillaume Musso. Le dernier ouvrage de l’ancien président, "Le temps des tempêtes", fait le bonheur de son éditeur, qui annonce déjà une réimpression pour suivre la demande. Un succès qui, à droite, interroge… et inquiète.

Nicolas Sarkozy en pleine dédicace de son livre en Corse, fin juillet 2020
Nicolas Sarkozy en pleine dédicace de son livre en Corse, fin juillet 2020 © AFP / Pascal POCHARD-CASABIANCA

Son livre parle de crise financière, de jeu diplomatique, et de politique française sur plus de 500 pages... Et pourtant, Nicolas Sarkozy signe, une nouvelle fois, un succès de librairie. L’an dernier, "Passions" avait été imprimé à plus de 250 000 exemplaires, finissant deuxième meilleure vente de l’année dans la catégorie "Essai".

Cette fois, "Le Temps des Tempêtes" (aux éditions de l’Observatoire) connaît un démarrage encore plus fulgurant : en tête des ventes depuis sa sortie il y a 15 jours (203 000 exemplaires commandés par les librairies, pour un peu moins de 80 000 ventes "réelles"). De 5 000 à 6 000 exemplaires vendus chaque jour au cœur de l’été, c‘est du jamais vu pour un politique. Son éditrice est elle-même surprise, et vient d’en réimprimer 20 000. Et comme le monde ce graphique, en à peine deux semaines, le livre de Nicolas Sarkozy arrive par exemple à talonner "Les leçons du pouvoir" de François Hollande. 

Mais le lectorat de Nicolas Sarkozy dépasse largement son électorat. Avec un style direct, un récit à la première personne, rythmé entre coulisses, vie privée et histoires politiques, il se présente en personnage de roman, presque amusant, et de moins en moins clivant.

Un entre-deux qui exaspère à droite

Pourtant, politiquement, y compris dans la famille politique de l’ancien président, ce succès est observé attentivement, et parfois avec un regard un brin agacé. "Ras-le-bol de la Sarkomania", peste un jeune élu LR. "Il veut toujours prouver qu’à droite, personne ne lui arrive à la cheville", tonne de son côté un ténor du parti.

"J’ai tout fait dans ma vie pour qu’on me remarque", admet lui-même Nicolas Sarkozy page 27. Mais n’est-ce pas le moment de tourner la page ? Le député LR Philippe Gosselin le pense : "N’entretenons pas une nostalgie artificielle… Moi, je regrette cette époque 2007-2012, mais il faut aujourd’hui se tourner vers l’avenir. Ou alors, que Nicolas Sarkozy assume pleinement le rôle de relève qu’il voudrait assumer !"

Espoir vain : Nicolas Sarkozy va continuer d’entretenir à la fois le doute et la flamme, avec des séances de dédicaces à la rentrée, et un tome 2 juste avant la campagne présidentielle. Il promet de ne pas y participer… Mais, dans sa famille, on en doute de plus en plus.

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