Les opérations de dépollution du parvis et des alentours de la cathédrale démarrent, après des tentatives ratées. Le chantier de reconstruction devrait reprendre le 19 août. La polémique sur l'exposition au plomb des travailleurs se poursuit.

Le chantier de Notre-Dame de Paris, le 29 juillet 2019
Le chantier de Notre-Dame de Paris, le 29 juillet 2019 © Radio France / Rémi Brancato

Près de quatre mois après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, la dépollution s'accélère aux abords immédiats de l'édifice (parvis et rues adjacentes) qui sont sous la supervision de la Direction régionale pour l'action culturelle d’Île-de-France (DRAC). Les premières opérations n'avaient pas été efficaces. Cette dépollution entraîne des perturbations de circulation. 

Gel absorbant et haute pression

Après plusieurs semaines de test, deux techniques ont été retenues, pour leur capacité à empêcher que la poussière de plomb ne s'envole. La première consiste en l'application d'un gel sur le mobilier urbain (lampadaires, bancs, etc.). Après une journée de pose, ce film va sécher, et capturer les particules de plomb. Il est ensuite enlevé à la façon d'une bande de cire d'épilation. Le deuxième procédé est utilisé pour le parvis et les sols des rues adjacentes. Il s'agit d'un nettoyage à haute pression, plus efficace qu'un basique nettoyage à l'eau grâce à l'ajout d'un tensioactif, un agent chimique qui va être aspiré et récupéré. Ces travaux devraient s'étaler sur trois semaines. Des prélèvements de contrôle seront ensuite effectués pour s'assurer que le parvis est à nouveau sain.

Reprise du chantier prévue le 19 août

Interrompu le 25 juillet, le chantier de reconstruction devrait par ailleurs bientôt reprendre, dès lors que la garantie sera "apportée qu'il répond intégralement aux prescriptions de l'Inspection du travail", a indiqué dans un communiqué le préfet de la région d’Île-de-France, Michel Cadot.

Lors d'une visite de chantier le 19 juillet, l'Inspection du Travail avait notamment conclu dans un rapport que "les installations de décontamination [étaient] sous-dimensionnées", selon les termes de la préfecture. Les procédures de sécurité pour les travailleurs ont été revues, avec plus de pédiluves et de douches de décontamination. Une unité de décontamination a été installée entre la base-vie des travailleurs et le chantier. Un système de contrôle des entrées par badges, des dispositifs de nettoyage des vêtements de travail sont en cours de finalisation. 

Dans un communiqué publié sur son site ce lundi 12 août, la DRAC assure que ce nouveau dispositif de sécurité vise "d’une part à assurer une protection et une sécurité optimales aux personnels intervenant sur le chantier, et d’autre part à garantir un strict contrôle des entrées et sorties du chantier, empêchant ainsi toute sortie d’élément polluant vers l’extérieur".

Les travailleurs du chantier potentiellement exposés

Lundi 5 août, un collectif de syndicats CGT et d'associations avait réclamé le "confinement total du site" de Notre-Dame pour éviter toute volatilité des poussières de plomb, ainsi que la création d'un centre de suivi sanitaire pérenne pour vérifier l'état de santé des personnes travaillant et vivant aux abords de la cathédrale. Ce collectif a également alerté sur le manque d'information de l'état de la pollution au plomb à Paris et des risques pour les riverains et travailleurs. Des taux de plomb, auxquels les enfants sont particulièrement exposés, ont été relevés aux alentours et un groupe scolaire a été fermé pour travaux de nettoyage. Le nombre d'enfants dépistés a doublé en juillet et se monte désormais à plus de 160, selon un bilan publié mardi par l'Agence régionale de santé d’Île-de-France. 

Dans un article paru ce lundi, Mediapart affirme, documents à l'appui, que "depuis le 9 mai, au moins neuf alertes (rapports et courriels) ont été adressées au ministère de la culture" par l'Inspection du Travail et les contrôleurs de la Cramif (Caisse Régionale d'Assurance Maladie) sur l'exposition des travailleurs du chantier au plomb, sans qu'elles ne soient prises en compte. 

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