Le bras de fer diplomatique a repris entre l’Iran et les États-Unis qui doivent s'engager sur des pourparlers pour réactiver l'accord de 2015, que Donald Trump avait quitté.

Le siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne (Autriche) où l'accord de 2015 a été signé.
Le siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne (Autriche) où l'accord de 2015 a été signé. © AFP / Christian Bruna

La machine diplomatique s’est remise en marche sur le dossier du nucléaire iranien, après l’annonce des États-Unis de leur volonté de réintégrer l’accord de Vienne de 2015. Mais à Téhéran, on menace de restreindre, à partir de lundi, l’accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU aux installations nucléaires de la République islamique. Ces inspections sont prévues par l'accord de 2015, censé encadrer le programme nucléaire iranien et duquel Donald Trump a retiré unilatéralement les États-Unis en 2018 en rétablissant les sanctions américaines qui étranglent l'économie iranienne. Le chef de l’AIEA, Rafael Grossi est attendu lundi en Iran pour tenter de trouver une solution. 

Après ces sanctions imposées par Donald Trump, l'Iran s'est affranchi progressivement à partir de 2019 de nombre de limites qu'il avait accepté d'imposer à son programme nucléaire en vertu de l'accord conclu avec le groupe 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine). Téhéran "annulera immédiatement" ses mesures de rétorsion si les États-Unis "lèvent sans condition toutes les sanctions imposées et rétablies par Trump", a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Apaisement militaire avant une bataille diplomatique

Côté américain, l'objectif est donc de tourner la page Trump et réintégrer l’accord de Vienne. Joe Biden, actuel président américain, était vice-président de Barack Obama lorsque l'accord nucléaire fut conclu. Depuis l'arrivée au pouvoir de Biden, les deux pays se renvoient la balle, chacun réclamant de l'autre de faire le premier pas. Mais avant la reprise d’éventuels pourparlers sous l’égide de l’Union européenne, salués par Londres et Berlin, Téhéran fait donc monter les enchères et menace. 

Une posture de défiance, qui contraste avec celle de profil bas adoptée par les Iraniens dans les eaux du Golfe persique. Comme si l’Iran envoyait un signe d’apaisement sur le plan militaire, à la veille d’une bataille diplomatique cruciale qui s’annonce d’ores et déjà éprouvante pour les nerfs, car semée d’embuches. 

"Depuis le dernier gros exercice de démonstration de force effectué par la marine ou les Pasdarans iraniens, que ce soit dans le Golfe ou le Golfe d’Oman, la période actuelle est extrêmement calme, avec une activité considérée comme faible à modérée", détaille le contre-amiral Jacques Fayard, patron de la base aéronavale française aux Émirats arabes unis, à France Inter. "Avec une posture iranienne sur le strict point de vue de son activité aéronavale dans le Golfe, à ce stade, extrêmement prudente et professionnelle dans son comportement."

Les États-Unis et l'Iran n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980 et Donald Trump avait exercé la politique de "pression maximale" contre l'Iran accusé de soutenir le "terrorisme" et de vouloir se doter de l'arme nucléaire. L'Iran a toujours démenti chercher à se doter de l'arme atomique et l'accord prévoit une levée partielle des sanctions internationales, en échange de la garantie que l'Iran ne se doterait pas d'une telle arme.