Jusqu’à la fin de la semaine, il est possible de s’allonger dans l’herbe pour profiter du ciel nocturne à l’occasion des Perséides. Mais pour observer le ciel, la question de la pollution lumineuse est devenue primordiale.

En vingt ans, la pollution visuelle dans le monde a augmenté de 90%
En vingt ans, la pollution visuelle dans le monde a augmenté de 90% © AFP / Islam Dogru / ANADOLU AGENCY

Depuis le début du week-end, et jusqu’à la fin de la semaine, au moins, on peut s’allonger dans l’herbe et profiter du ciel nocturne. Cette année, on célèbre la 30e édition de la Nuit des étoiles, et la pluie de Perséides sera à son maximum jeudi à partir de minuit, meilleur moment pour observer ces pluies d’étoiles filantes : il y en aura une centaine par heure ! 

La pollution lumineuse a augmenté de 90% sur Terre

Mais la condition d’une bonne observation reste l’absence de lumière autour : cette année, la lune est nouvelle - autrement dit, on ne la voit pas. Un bon point, tant trouver un petit coin bien sombre pour observer le ciel nocturne est devenu un challenge. "En 30 ans, on voit vraiment que le ciel s'est dégradé déjà sur Terre. Il n'y a malheureusement plus de sites en France où l'on n'a plus un halo lumineux à l'horizon", selon Olivier Las Vergnas, président de l'Association française d'astronomie.

Ces 20 dernières années, selon l’association nationale pour la protection du ciel, la pollution lumineuse a augmenté de 90% sur Terre. Elle gagne aussi l’espace avec la multiplication des satellites. Depuis 1957 et le lancement de Spoutnik, 6 000 satellites ont été lancés dans l’espace. 

La pollution lumineuse jusque dans l’espace

Et pourtant, ce n’est rien à côté de ce qui nous attend, souligne Éric Lagadec, astrophysicien à l’observatoire de la Côte d’Azur : "Dans les années à venir, on s’attend au lancement d'environ 100 000 satellites, donc on change d’ordre de grandeur. Donc il y a de plus en plus de satellites, et certains sont brillants, comme la constellation de Starkinck qui a été lancée en 2019. Ces satellites sont très visibles à l'œil nu". 

Pour ce chercheur, il y a urgence à préserver notre ciel nocturne, notamment pour permettre la poursuite des programmes de recherche : "Il est urgent de créer des règlements pour que l’espace ne devienne pas le far west, avec des satellites un peu partout. Les observations que l’on fait en astronomie permettent de répondre à des questions essentielles : comment s’est formé l’univers, est-ce qu’il y a de la vie ailleurs… je ne dis pas qu’on est en train de perdre notre ciel, mais si on ne fait rien, le risque est là", affirme-t-il.

Des discussions ont commencé au printemps avec l’ONU et les industriels pour trouver des solutions et limiter la brillance. Et le temps presse : l’an prochain un nouveau grand télescope sera inauguré au Chili : à cause de ces sources artificielles de lumière, il pourrait perdre 30 à 40% de ses observations en début et en fin de nuit.