Les obsèques de l'ancien président de la République, lundi, seront précédées d'une messe de deux heures en l'église Saint-Sulpice à Paris. Mais en quoi croyait Jacques Chirac, marié religieusement, mais tout autant curieux des cultures et des autres spiritualités que la sienne ?

Jacques Chirac et Bernadette, accueillis par le père Didier Hascoët à leur arrivée à la messe à Bormes-les-Mimosas. Sortie rituelle lors de la venue du président à Brabançon
Jacques Chirac et Bernadette, accueillis par le père Didier Hascoët à leur arrivée à la messe à Bormes-les-Mimosas. Sortie rituelle lors de la venue du président à Brabançon © AFP / Eric Estrade

Avant d'être inhumé lundi après-midi au cimetière du Montparnasse à Paris, dans le caveau familial aux côtés de sa fille aînée Laurence, Jacques Chirac sera célébré lors d'une messe de deux heures, à midi, en l'église Saint-Sulpice, où sera exposé son cercueil. Mais au fait, en quoi croyait l'ancien Président ? Attaché à l'église et à son message, Jacques Chirac était surtout quelqu'un d'ouvert aux autres cultures et spiritualités. Catholique pas vraiment fervent.

Mariage religieux mais Chirac "curieux"

Quand en 1987 on l'interroge sur l'au-delà, Jacques Chirac répond : "Je suis de ceux qui nourrissent un espoir pour après la mort..." Ni athée, ni agnostique, croyant donc. Il font, en 1956, un mariage religieux avec Bernadette Chodron de Courcel. Mais à son ami Jean-Louis Debré, il confiait :  

"Ma femme est une catholique pratiquante. J'espère qu'elle participe au salut de mon âme qui en a bien besoin."

Catholique, certes, mais surtout curieux de toutes les philosophies, de toutes les spiritualités. Plus polythéiste que monothéiste, résume le journaliste Marc Tronchot, auteur d'un essai sur les "Présidents face à Dieu". "Ses grands-pères était instituteur rad-soc, plutôt francs-maçons, anticléricaux à l'occasion, et volontiers bouffeurs de curés, explique-t-il. Sa mère était en revanche une catholique fervente et elle arrivera d'ailleurs – et c'était une performance – à faire faire à son fils un passage chez les scouts. Dieu c'est un petit peu trop loin pour Jacques Chirac qui croit plus en l'homme qu'il ne croit en Dieu."

Admirateur du dalaï-lama-lama autant que de Jean-Paul II qu'il accueillera comme maire de Paris, puis comme Président en 1996 en déclarant : "La France républicaine et laïque, la France de la déclaration des Droits de l'Homme, respectueuse des croyances et des convictions de chacun, de tous les cultes et de leur libre expression, la France aussi vieille nation, demeure fière de ses racines."

Racines, tout court : Jacques Chirac mettra tout son poids dans la balance, en 2004, pour empêcher que la notion de "racines chrétiennes" soit inscrite dans le préambule du projet de constitution européenne. Son obsession était de ne faire aucune différence entre les religions. Très proche du recteur de la Mosquée de Paris, autant que grand rabbin de France, Haim Korsia, qui n'a jamais cessé de lui rendre visite rue de Tournon.

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