Le 23 février 1982, naissait Amandine, le premier « bébé-éprouvette » français, inaugurant l'histoire de l'assistance médicale à la procréation dans notre pays. Le 26 janvier 2011, venait au monde Umut-Talha, le premier « bébé-double espoir » français, dont la naissance permettrait de soigner sa soeur gravement malade. Entre ces deux avancées majeures conduites par les équipes du professeur René Frydman, trente ans se sont écoulés. Trente ans de recherches scientifiques, d'accompagnement des couples confrontés à la souffrance de l'infertilité, de tentatives, de succès et d'échecs. Trente ans de débats aussi, au sein du Comité consultatif national d'éthique mais aussi dans les médias, avec le corps médical, la société civile. Trente ans qui autorisent ce médecin engagé à évoquer ses combats, ses convictions et aussi ses incompréhensions. Au moment de la révision des lois bioéthiques, notre société se trouve devant des choix de première importance, parce qu'ils concernent la vie humaine et des possibilités thérapeutiques inédites. Sans nier le risque inhérent à toute recherche et convaincu de la nécessité d'un débat public sur les questions qu'elle soulève, René Frydman dénonce l'hypocrisie du débat actuel et bouscule les certitudes.